Personne ne saura jamais

J. Ibert

Personne ne saura jamais

Que je te vis cueillir des roses

Au mois de Mai

Sur les rosiers aux étiquettes de bois jaune par un ciel bleu

Comme ta robe

Personne ne saura jamais

Que tu fus douce à ma colère

Au mois de Mai

Que tu pleurais dans un bouquet de violettes

Que les larmes mouillaient tes lèvres

Personne ne saura jamais

Trop transparentes libellulles

Au mois de Mai

Ton léger souvenir s'enfuit comme une plume de tourterelle

Au clair de lune.