Le tremble est blanc

J. Leguerney

Le temps irrévocable a fui. L'heure s'achève.

Mais toi, quand tu reviens, et traverses mon rêve,

Tes bras sont plus frais que le jour qui se lève,

Tes yeux plus clairs.

A travers le passé ma mémoire t'embrasse.

Te voici. Tu descends en courant la terrasse

Odorante, et tes faibles pas s'embarrassent

Parmi les fleurs.

Par un après-midi de l'automne, au mirage

De ce tremble inconstant que varient les nuages,

Ah, verrai-je encor se farder ton visage

D'ombre et de soleil?