En chasse
J. Pénavaire
Quand des oiseaux du Nord la tribu vagabonde
Revient avec octobre habiter nos forêts,
Je gagne, au point du jour, la clairière profonde,
Mon fusil sur l'épaule et ses deux coups tout prêts.
En chasse! alloh! alloh! me dit mon chien qui gronde;
Mais les sombres fourrés ont de si doux secrets!
Dans la clairière en fleur la lumière est si blonde,
Les oiseaux si jaseurs, et les gazons si frais!
J'ai pris part aux ébats d'un lézard en maraude;
J'ai suivi dans les airs le vol d'une émeraude;
Ebauché cette mare avec un saule au bord;
Bu dans un pli de feuille une goutte qui perle;
Sifllé les airs du geai, de la grive et du merle.
Mon fusil s'est perdu sous l'herbe, -- et mon chien dort.