En mer

J. Pénavaire

C'est assez tourmenter la rame vagabonde;

La vague est si limpide, et le ciel est si clair!

Vois ces goëlands fuir au caprice de l'air;

Laissons-nous fuir, comme eux, au caprice de l'onde.

Dormons, l'oreille close aux derniers bruits du monde

Rêvons, le cœur fermé pour tout regret amer!

La voix des nuits s'élève au-dessus de la mer:

C'est l'hymne de l'espoir; que notre âme y réponde!

Demain, quand le soleil rougira l'orient,

Peut-être verrons-nous un œil nous souriant

Sur les bords inconnus d'une terre fleurie.

Amenons-y la barque, et, jusqu'au dernier jour,

Dans l'ivresse ineffable oublions la patrie:

La patrie est partout où nous attend l'amour!