Henry Mürger
J. Radoux
D'une belle et folle amoureuse,
L'appelant tout comme autre fois;
Le soir, dans l'ombre vaporeuse,
Il croyait entendre la voix
Alors son cœur battait plus vite
Musette écoutait sa chanson,
Que commentaient la marguerite
Et les rossignols du buisson.
Mimi penchait sur son épaule
Son doux visage rose et blond
Où bien, assise au pied d'un saule,
Sur ses genoux posait son front
Oubliant les longs jours d'orage,
Les froids hivers où l'on eut faim!
Il retrouvait dans un mirage
Ses vingt ans perdus en chemin.
Vingt ans! jusqu'à la dernière heure
Son cœur eut cet âge béni;
sous l'humble toit de sa demeure
l'hiron delle a vait fait son nid...
Mais pourquoi pleurer le poëte?
S'il nous quitte avant les lilas,
C'est pour revoir Mimi, Musette,
Qui d'en haut lui tendaient les bras