La Niolle
J. Roques
Il jaillit du bois tout surpris,
Le clair ruisseau de la Niolle
Et jusqu'au bas des prés fleuris
Les cressons verts et les iris
Accompagnent sa course folle.
Sa source est là sous les bouleaux
Où se plaint la brise étouffée,
Et le murmure de ses eaux
S'échappe du sein des roseaux
Doux comme le chant d'une fée.
Que de fois j'ai suivi son cours,
Son cours, qui n'a pas une lieue,
Entre deux coteaux de velours
Où le ciel pendant les beaux jours
Laisse traîner sa robe bleue.
Parfois dans son vol un oiseau
L'effleure du bout de ses ailes,
Parfois les enfants du hameau
Descendent au bord du ruisseau,
Courir après les demoiselles.
Mais il ne bat aucun moulin,
Aucun pêcheur n'y tend ses toiles,
Et d soir jusques au matin
Toujours dans son flot argentin
Peuvent se baigner les étoiles.
Ô ma Niolle, ô mon ruisseau!