Musette
J. Tiersot
Clairs ruisseaux, ormeaux, verte prairie
Qui parez ma campagne chérie,
Bois, palissade fleurie,
Soyez témoins de l'amour.
Le repos de mon âme attendrie
Ne fait plus le bonheur de ma vie.
J'offre mes vœux à Sylvie,
Je viens lui faire ma cour.
Je la retiens dans ce charmant séjour,
Je l'aime et je le lui dis sans détour,
Elle jure en ce jour
Qu'elle y répond par un sincère retour.
Tendres flammes,
Dans nos âmes
Lancez vos traits,
Unissez-nous pour jamais;
Que sans feinte,
Sans nulle crainte,
Mille plaisirs
Viennent combler nos ardents désirs.
Dieux! que je chéris ma chaîne!
Doux penchant qui nous entraîne,
Tu fais naître dans mon cœur
Cette aimable langueur
Du vrai bonheur!
Ma tendresse
Me presse
Sans cesse;
Déjà je sens
Mille transports naissants.
Ainsi parlait ce tendre amant,
Ses transports marquaient son empressement;
Bientôt il trouva le moment
De finir son tourment.
La bergère Sylvie s'écria
D'une voix qu'Amour coupa:
Ah! Ah! cher amant, laissez-moi là!
Mais il lui prit la main,
Il la pressa,
Il la baisa.
Sylvie le pria,
Le supplia,
Mais point ne la laissa.