Les roses
J. Weckerlin
Quand l'aurore éveille
La rose vermeille,
Ouvrant ses yeux rêveurs
Presqu'en pleurs,
Jeune châtelaine
S'en vient dans la plaine,
Fleur parmi tant de fleurs!
Eh! quoi, charmante,
Si matin jour,
Désir te tente
D'un frais atour?
Apprends une chose:
Tout bouton de rose
Est présage d'amour!
Ah! Est un doux présage d'amour.
Ah! Un présage d'amour.
Sachez que ces roses,
Au matin écloses,
Sont pour vaillant
et beau damoiseau,
Que, malgré l'armare,
Profonde blessure
Retient en ce château.
Ah! damoiselle,
Pourquoi ces pleurs
Dont ta prunelle
Mouille ces fleurs?
Plus par la rosée
Fleur est arrosée
Plus brillent ses couleurs!
Ah! pourquoi ces pleurs?
C'est que tendre larme,
Possède un vrai charme
Qui peut tout adoucir,
Tout guérir…
Heureux, châtelaine,
Le preux dont la peine
Sait si bien t'attendrir!
Ah! cueille encore
Dans ce séjour
La fleur que dore
Le matin jour;
Pour celui qui t'aime,
Qu'elle soit l'emblême
Du plus tendre retour.
Ah! Du plus tendre retour.
Ah! de l'amour.