Nuit d'Été

L. Hillemacher

Ô nuit, ô douce nuit d'été qui viens à nous

Parmi les foins coupés et sous la lune rose,

Tu dis aux amoureux de se mettre à genoux

Et sur leur front brûlant un souffle frais se pose!

Ô nuit, ô douce nuit d'été qui fais fleurir

Les fleurs dans les gazons et les fleurs sur les branches,

Tu dis aux tendres cœurs des femmes de s'ouvrir

Et sous les blonds tilleuls errent des formes blanches!

Ô nuit, ô douce nuit d'été qui sur les mers

Alanguis le sanglot des houles convulsées,

Tu dis aux isolés de n'être pas amers

Et la paix de ton ciel descend dans leurs pensées.

Ô nuit, ô douce nuit d'été qui parles bas,

Tes pieds se font légers et ta voix endormante,

Pour que les pauvres morts ne se réveillent pas,

Eux qui peuvent plus aimer, ô nuit aimante!