Le Bain

M. Perez

Les sourcils remontés, la bouche ouverte, tu regardais fuir,

dans le courant du fleuve, ta robe qui t'avait échappé.

Je passais sur la berge, et je t'ai crié:

« Salut, fille de Bakili! Que le bonheur soit avec toi! »

Tu m'as répondu: « Comment serais-je heureuse?

Vois ma robe dans le courant... »

Le poète sait user des circonstances, et je t'ai dit:

« Fille de Bakili,

ta jeunesse est semblable à ta robe dans le courant:

elle s'éloigne de toi, chaque jour, et tu ne peux la retenir.

Ne demeure pas à la regarder s'en aller.

Viens sous ces ombrages... Je te ferai une robe de caresses. »