Jusqu’aux cimes

M. Rollinat

À mesure que l'on s'élève

Au-dessus des mornes terrains,

On sent le poids de ses chagrins

Se désalourdir comme en rêve.

Pour l'âme, alors, libre existence!…

Car, subtilisée à l'air pur,

Son enveloppe vers l'azur

Semble évaporer sa substance.

On monte encor, toujours! Enfin,

On n'est plus qu'un souffle divin

Flottant sur l'immense campagne:

Et, dans le plein ciel qui sourit,

Le blanc sommet de la montagne

Devient le trône de l'esprit.