Dans un bois

Mozart, Wolfgang Amadeus

Dans un bois solitaire et sombre

Je me promenais l'autr' jour,

Un enfant y dormait à l'ombre,

C'était le redoutable Amour.

J'approche, sa beauté me flatte,

Mais je devais m'en défier;

Il avait les traits d'une ingrate,

Que j'avais juré d'oublier.

Il avait la bouche vermeille,

Le teint aussi frais que le sien,

Un soupir m'échappe, il s'éveille;

L'Amour se réveille de rien.

Aussitôt déployant ses aîles

Et saisissant son arc vengeur,

L'une de ses flêches, cruelles

En partant, il me blesse au cœur.

Va! va, dit-il, aux pieds de Sylvie,

De nouveau languir et brûler!

Tu l'aimeras toute la vie,

Pour avoir osé m'éveiller.