Mon mari est bien malade

O. Greif

Mon mari est bien malade,

En grand danger de mourir.

Je vais chercher le médecin

Pour venir autour de lui.

Je n'étais pas à moitié chemin

Que les cloches sonnaient pour lui.

Je m'asseois sur une pierre:

Au lieu de pleurer je ris!

Je retourne à la maison,

Je le trouve enseveli;

Je me suis mise à pleurer.

Mais ce n'était pas pour lui!

C'était pour mes deux aunes de toile,

Qu'étaient autour de lui:

Avec mon ciseau d'argent

Point à point je le décousis;

Je le tirai par l'oreille,

Sur la rue je le traînis;

Quand il fut au cimetière,

Au lieu de pleurer je ris.

Je m'en vais au cabaret,

Un bon quart d'eau de vie j'ai pris,

Pour dire adieu à mon mari.