Ah ! tu m'as déchiré le cœur
P. Joret
Ah! tu m'as déchiré le cœur,
Perfide que j'ai trop chérie!
Tes regards étaient raillerie
Et ton sourire était moqueur.
Ton faux amour n'était qu'un leurre:
Car, tout à l'heure,
J'ai vu sur d'autres yeux tes doux yeux s'attendrir.
Près de moi tu passais, farouche,
Et, sur ta bouche,
J'ai vu la rouge fleur du baiser s'entrouvrir.
Ah! qu'il eût mieux valu, parjure,
Sans cette injure,
T'échapper de mes bras et me laisser mourir!
Il était donc trop long, cruelle,
Ce printemps pour ton cœur pervers!
A peine les lis sont ouverts
Et déjà tu m'es infidèle!