L'aile chaude des jours d'été
P. Joret
L'aile chaude des jours d'été
S'alourdit dans les cieux moroses;
Le bonheur nous était compté.
Adieu, l'amour! Adieu, les roses!
Mais que leur souvenir dure l'éternité!
J'avais cru mon âme plus forte
Et moins facile à se briser;
Je sens que ma jeunesse est morte...
Je pars! Mais qu'un dernier baiser
Ferme ta bouche en fleur sur l'adieu que j'emporte!
Quand refleuriront les printemps
Au seuil verdoyant de l'année,
Parmi leurs trésors éclatants,
Garde cette rose fanée:
Elle aura parfumé nos rapides instants.
Hélas! notre ivresse fut telle
Qu'il fallait l'épuiser d'un trait.
La violette où donc est-elle?
Le lis, qui le réveillerait?
— La fleur du souvenir est la seule immortelle!