Est-ce son souffle dont je frissonne

R. Herberigs

Est-ce son souffle dont je frissonne

En ce soir d'or, qui répand en ma chair

Le rire infini de la blonde mer?

J'écoute et je tremble.

Au fond des grands bois

Ce sombre murmure est-ce sa voix?

Et ce bruit qui ressemble

Au bruit des feuilles légères

Qui tombent,

Est-ce le bruit de ses pas sur la terre?

Est-ce sa face, ce soir lumineux

Dont mon âme rayonne et dont mes yeux sont bleus?

Et cet émoi, ce grand silence

De toutes choses tout à coup,

Est-ce l'effroi de sa présence

Qui fait mes mains se joindre et ployer mes genoux?

Est-ce lui, ce soleil du soir où je respire?

Cet effluve embrasé de roses, est-ce lui?

Vers cette ombre des fleurs est-ce lui qui m'attire

Par mon cœur qui frémit?

Et Toi, qui me regardes, de ces yeux étranges,

Toi qui m'écoutes, ô silencieux Ange,

J'ai peur que toi-même encore tu ne sois Lui,

Car peut-être n'est-il rien au monde que Lui,

Que Toi, songeur divin, tranquille et solitaire.

Qui souris en m'ouvrant tes ailes de lumière.