Cet été

S. Pugno

Cet été ne me sert à rien...

Depuis que je suis sans maitresse,

Les roses manquent de tendresse,

Et les oiseaux sifflent moins bien.

La main de Dieu qui les caresse

Et sur les choses va et vient,

Devrait me rendre ma maitresse.

Le ne sais plus ce que je dis...

Le hasard au hasard me guide,

Mon cœur est comme un écrin vide;

Du lundi jusques au lundi

Le temps jour à jour se dévide...

Et du moment où tu partis

Mon cœur est comme un écrin vide.

Dans leurs méandres chuchoteurs

Les ruisseaux, les ruisseaux limpides

Regrettent nos amours rapides

Et les sources versent des pleurs.

Oublions nos affronts stupides,

Reviens avec tes yeux rieurs,

Et même avec tes yeux perfides.

Tous et toutes et deux par deux

Du brin d'herbe à la moindre mouche

Iront cœur à cœur, bouche à bouche.

Te saluer d'un air joyeux.

Le feuillage et la branche souple

En nous voyant approcher d'eux

S'entortilleront comme un couple.

Sinon cet été ne m'est rien,

Je ne goûte rien sans maitresse,

Les roses manquent de tendresse,

Et les oiseaux sifflent moins bien.

La main de Dieu qui les caresse

Et sur les choses va et vient,

Devrait me rendre ma maitresse.