Cantique d'Esther

V. Massé

Une Israélite seule chante.

Déplorable Sion, qu'as-tu fait de ta gloire?

Tout l'univers admiroit ta splendeur:

Tu n'es plus que poussière; et de cette grandeur

Il ne nous reste plus que la triste mémoire.

Sion, jusques au ciel élevée autrefois,

Jusqu'aux enfers maintenant abaissée,

Puissé-je demeurer sans voix,

Si dans mes chants ta douleur retracée

Jusqu'au dernier soupir n'occupe ma pensée!

Tout le Chœur

Ô rives du Jourdain! ô champs aimés des cieux!

Sacrés monts, fertiles vallées,

Par cent miracles signalées!

Du doux pays de nos aïeux

Serons-nous toujours exilées?

Une Israélite seule.

Quand verrai-je, ô Sion! relever tes remparts,

Et de tes tours les magnifiques faîtes?

Quand verrai-je de toutes parts

Tes peuples en chantant accourir à tes fêtes?

Tout le Chœur

Ô rives du Jourdain! ô champs aimés des cieux!

Sacrés monts, fertiles vallées,

Par cent miracles signalées!

Du doux pays de nos aïeux

Serons-nous toujours exilées?