Le destin

V. Tommasini

L'amour de la femme est l'ombre d'une palme sur le sable.

L'amour de l'homme est le seul simoûn

qui puisse briser cette palme et fixer ainsi son ombre.

Messaouda! dans la nuit de ton sépulcre

souviens-toi du jardin solitaire

où je t'ai conduite,, un jour.

C'était un jardin entre des murailles si hautes,

que les cimes de ses arbres ne les depassaient point.

C'était un jardin serti dans des murailles blanches,

comme une émeraude cachée dans une fleur de magnolia.

Messaouda! souviens-toi du matin paisible

où tu t'es courbée sous mon amour,

comme une palme sous le simoûn.

Mais, à force de souffler,

le simoûn recouvre de sable le rameau qu'il a brisé.

Ô ma longue palme,

que le sable du cimetière soit léger sur ton sépulcre.