Préludes
A. Caplet
Les livres, tout ce matin, m'on parlé
De pays trop lointains et d'heures incertaines,
Le parfum du jardin m'est venu conseiller
De délaisser ces formes vaines,
Et, caressant la feuille blanche,
Où s'exaspère la recherche de mon rêve,
Un rayon de soleil soulève
Une certitude étrange...
C'est un matin, semblable à celui-ci, très doux,
Je regarde négligemment par la fenêtre...
Tu me souris... mon cœur a tremblé tout à coup...
Je ne cherche pas à connaître
La raison de toutes ces choses
Je ne demande pas comment
Il se fait que tu viens par le chemin des roses:
Je descends vers toi, simplement,
Je te prends les deux mains et tu gardes
Longuement tes lèvres sur mes yeux:
Puis, nous entrons dans la maison douce, tous deux,
Et tu pleures, soudain, lorsque je te regarde.