Les seins de Mnasidika

A. Cuvelier

Avec soin, elle ouvrit d'une main sa tunique

et me tendit ses seins tièdes et doux,

ainsi qu'on offre à la déesse une paire

de tourterelles vivantes.

«Aime-les bien, me dit-elle; je les aime tant!

Ce sont des chéris, des petits enfants.

Je m'occupe d'eux quand je suis seule.

Je joue avec eux; je leur fais plaisir.

Je les lave avec du lait. Je les poudre

avec des fleurs. Mes cheveux fins qui les essuient

sont chers à leurs petits bouts. Je les caresse

en frissonnant. Je les couche dans de la laine.

Puisque je n'aurai jamais d'enfants,

sois leur nourrisson, mon amour; et, puisqu'ils sont

si loin de ma bouche, donne-leur des baisers de ma part».