Cloche et tambour

B. Godard

Il est midi, ma fille et la grand' messe sonne

Prends tes gants, et ton voile, et ton paroissien

À l'élévation ne regarde personne

Et tu feras ainsi ton salut et le mien.

Voici l'heure, ô Pepa, le boléro t'appelle,

Ne crains aucun danger, l'amour est ton garant!

C'est la fête de Dieu tous les jours, ô ma belle,

C'est la tienne une fois par an!

Entends-tu? le sonneur sonne à grande volée

(N'ai-je point vu par là l'ombre d'un officier?)

A saint Jacques déjà la foule est rassemblée

Monseigneur l'Archevèque y doit officier.

Entends-tu les grelots de nos tambours de basque?

Après tout l'Archevèque est souvent ennuyeux,

Au lieu d'un livre d'heure ô Pepa, prends ton masque!

Ton masque laisse voir tes yeux!

On prêchera ma fille il est venu de Rome

Un beau dominicain à la bouche de miel;

Le Pape nous l'envoie; on dit que le saint homme

Ouvre et ferme à son gré les deux portes du Ciel.

Laisse passer tes bras sous tes manches ouvertes!

Je prèche aussi, ma reine, et je vais commencer!

Le Ciel n'aura jamais de pelouses plus vertes,

Que celle où nous devons danser!

Ainsi, lorsque Pepa, finissait sa toilette

Deux voix pour l'entraîner s'élevaient tour à tour

chacune des deux voix partlait pour une fête

l'une au bruit d'une cloche et l'autre d'un tambour.

Pepa la jeune fille était douce et soumise

Et dans la cathédrale elle s'agenouilla

par malheur le sermon l'endormit à l'église,

mais le tambour la reveilla!