Concert de Sylphes -- Sextuor

Berlioz, Hector

MÉPHISTOPHÉLÈS

De vains préparatifs ne sont point nécessaires,

nous voici rassemblés, commencez.

Disparaissez,

Arceaux noirs et poudreux,

Et que l'azur des cieux

Un instant nous visite!

Ah! déjà ces murs sombres

Ont semblé s'agiter,

Et vers les cieux monter

Comme de vaines ombres.

Riants tableaux, venez leur succéder!

De sites, de passants

La campagne se couvre,

Et notre œil y découvre

Des fleurs, des bois, des champs,

Et d'épaisses feuillées,

Où de tendres amants

Promènent leurs pensées.

Mais plus loin sont couverts

Les longs rameaux des treilles

De bourgeons, pampres verts,

Et de grappes vermeilles;

Sous de vastes pressoirs

Elles roulent ensuite,

Et le vin à flots noirs

Bientôt s'en précipite.

Le lac étend ses flots

A l'entour des montagnes;

Dans les vertes campagnes

Il serpente en ruisseaux.

Partout l'oiseau timide,

Cherchant l'ombre et le frais,

S'enfuit d'un vol rapide

Au milieu des marais

Vers la retraite obscure

De ces nombreux îlots,

Dont la tendre verdure

S'agite sur les flots.

Là, de chants d'allégresse

La rive retentit;

D'autres chœurs, là, sans cesse

La danse nous ravit:

Les uns gaîment s'avancent

Autour des coteaux verts,

De plus hardis s'élancent

Au sein des flots amers.

Tous, pour goûter la vie,

Tous cherchent dans les cieux

Une étoile chérie

Qui s'alluma pour eux.

MÉPHISTOPHÉLÈS

Il dort. C'est bien, jeunes esprits de l'air!

vous l'avez fidèlement enchanté!

c'est un concert que je vous redois.