Paysans sous les tilleuls -- Danse et chant

Berlioz, Hector

VAGNER

Monsieur le Docteur, il est honorable et avantageux

de se promener avec vous, cependant je ne voudrais pas me confondre

dans ce monde-là, car je suis ennemi de tout ce qui est grossier.

Leurs violons, leurs cris, leurs amusements bruyants,

je hais tout cela à la mort. Ils hurlent comme

des possédés et appellent cela de la joie et de la danse.

Les bergers, quittant leurs troupeaux,

Pour la fête se rendent beaux:

Rubans et fleurs sont leur parure;

Sous les tilleuls les voilà tous,

Dansant, sautant comme des fous,

Ha! ha! ha!

Landerida!

Suivez donc la mesure!

La danse en cercle se pressait,

Quand un berger, qui s'élançait,

Heurte du bras une fillette;

Elle se retourne aussitôt,

Disant: "Ce garçon est bien sot!"

Ha! ha! ha!

Landerida!

Soyez moins malhonnête!

Ils passaient tous comme l'éclair,

Et les robes volaient en l'air;

Mais bientôt on fut moins agile...

Le rouge leur montait au front;

Et l'un sur l'autre, dans le rond,

Ha! ha! ha!

Landerida!

Tous tombaient à la file.

-- Ne me touchez donc pas ainsi!

-- Paix! ma femme n'est point ici,

Profitons de la circonstance!

Dehors il l'emmène soudain...

Et tout pourtant allait son train,

Ha! ha! ha!

Landerida!

La musique et la danse.

UN VIEUX PAISAN

Monsieur le Docteur, il est beau de votre part de ne point

nous mépriser aujourd'hui, et, savant comme vous l'êtes,

de venir vous mêler à toute cette cohue, etc.