Chant guerrier

Berlioz, Hector

N'oublions pas ces champs dont la poussière

Est teinte encor du sang de nos guerriers!

Nous leur devons des pleurs, une prière.

La Liberté rayonne á nos foyers.

Ils sont tombés, mais de la mort des braves,

En nous léguant cet heureux avenir

Qui nivela le maître et les esclaves:

Monde nouveau qui ne doit pas finir!

Pourquoi faut-il qu'au milieu des batailles

Vienne mourir un injuste pouvoir,

Et que le deuil, les tristes funérailles

Des affranchis soient le premier devoir?

Heureux le peuple, á ses serments fidèle,

Qui sans combats vit consacrer ses droits!

La Liberté jamais ne fut si belle

Qu'en descendant du marchepied des Rois.