Élégie en prose
Berlioz, Hector
Quand celui qui t'adore n'aura laissé derrière lui
que le nom de sa faute et de ses douleurs,
oh! dis, dis, pleureras-tu s'ils noircissent la mémoire
d'une vie qui fut livrée pour toi.
Oui, pleure, pleure! et quel que soit l'arrêt
de mes ennemis, tes larmes l'effaceront;
car, le ciel est témoin que, coupable envers eux,
je ne fus que trop fidèle pour toi.
Tu fus l'idole de mes rêves d'amour,
chaque pensée de ma raison t'appartenait:
dans mon humble et dernière prière
ton nom sera mêlé avec le mien.
Oh! bénis soient les amis, oui, bénis soient les amans qui vivront
pour voir les jours de la gloire;
mais après cette joie, la plus chère faveur que puisse accorder le Ciel,
c'est l'orgueil de mourir pour toi.