Offrande

C. Koechlin

M'aimée, souffre que ton fou s'attarde

Ce soir encore, où tu reposes

À t'offrir ces essences rares de Bagdad

Pour tes pieds qui sont mignons comme des roses,

Pour tes cheveux d'or souple, voici la myrrhe,

Et voici le henné pour tes ongles roses.

Tu es plus riche de toutes ces choses

Que les Mages, les Rois et les Émirs!

Laisse moi dérober encore une caresse

Au creux de tes bras, au creux de tes hanches,

Au creux de tes seins qui me paraissent

Deux chères petites colombes blanches,

Car ton corps, tu sais bien, chère enfant de Schiraz,

Est le beau vase dont Dieu fut le vieux potier,

Et que notre amour, comme une rose, embaume tout entier.