Douceur

C. Saint-Saëns

Je t'aime tant, frêle mignonne,

Que, du matin au soir, sans trève,

(Suave obsession) je rêve

À ton doux profil de madone.

Je t'aime au point, vois, que je n'ose

Et que je n'oserais sourire,

Lorsque tu passes, ni te dire

Bonjour, ni t'offrir une rose...

Et je ne dors plus guère... Écoute,

Il faut m'aimer et me le dire;

Il faut, de temps en temps, sourire,

Afin d'illuminer ma route.

Alors, mignonne, en récompense,

Je veux tant épurer ma flamme

Que tu pourras te chauffer l'âme

Au feu de mon amour immense.