Les Étoiles

C. Widor

Vous qui voyez solitaire dans les nuits

mon cœur élever de terre ses ennuis.

Lys de l'azur, pâles urnes, perles d'or,

qui tombez des plus nocturnes quand tout dort.

Ô reines des heures sombres aux doux fronts,

Savez-vous ce qu'en nos ombres nous souffrons?

Oui, ces pleurs, que le soir sème, sont à vous!

Mais coulent-ils pour vous-mèmes ou pour nous?

Ah! Si pour vous, mes étoiles sont vos pleurs,

mèlons sous les mèmes voiles nos douleurs

dans vos calices de flamme fleurs du ciel,

Laissez puiser à mon âme votre miel

à mon cœur par la souffrance affaibli

versez un peu d'espérance ou d'oubli.