Prière au printemps

C. Widor

Toi qui fleuris ce que tu touches,

Qui, dans les bois, aux vieilles souches

Rends la vigueur,

Le sourire à toutes les bouches,

La vie au cœur;

Qui changes la boue en prairies,

Sèmes d'or et de pierreries

Tous les haillons,

Et jusqu'au seuil des boucheries

Mets des rayons!

Ô printemps, alors que tout aime,

Que s'embellit la tombe même,

Verte au dehors,

Fais naître un renouveau suprême

Au cœur des morts!

Qu'ils ne soient pas les seuls au monde

Pour qui tu restes inféconde,

Saison d'amour!

Mais fais germer dans leur poussière

L'espoir divin de la lumière

Et du retour!