Sérénade vénitienne
G. Corbin
La gondole, ce soir, glisse silencieuse
Sur l'eau qui vient meurir aux marches du palais;
Mais elle a suspendu sa course lumineuse...
A mon regard charmé voici que tu parais!
Alors les violons avec les mandolines
En de vibrants accords soudain ont éclaté:
Et les chœurs tour à tour avec les cavatines,
En un galant hommage exaltent ta beauté.
Avec ton air hautain de jeune châtelaine,
Tu sembles détachée, en tes coquets atours
Ainsi qu'un fin pastel, en son cadre d'ébene,
Avec ta bouche rose et tes yeux de velours.
Sur la lagrune sombre, emportés par la brise,
La musique et les chants vont durer jusqu'au jour...
Ils berceront ton rêve, ô fille de Venise
Ton rêve de plaisir, de jeunesse et d'amour!