Le silence musicien
G. Enescu
Au chant silencieux d'une flûte de marbre
Qui murmure sous les doigts prestes d'un Satyre,
La bouche ouverte en un cri muet de délire,
Dansaient les Aygypans et les Nymphes de marbre.
Et le soleil glissait dans les branches d'un arbre,
Doré comme un murmure aux cordes d'une lyre;
Et, dans l'air calme où la flûte du vent soupire,
Un Faune vaguement riait au pied d'un arbre.
Des gazons sombres jaillissait le cri des roses,
Une harmonie était éparse au coeur des choses.
Le silence semblait un chant à bouches closes;
Le rayon était hymne et les voix étaient flammes,
Et tout était silencieux comme nos âmes,
Et tout était musicien comme nos âmes.