La neige
J. Duprato
Le matin, il avait neigé. Plein de paresse,
Le lent soleil montait dans un pâle horizon;
Et je vis sur la neige, onduleuse toison,
Des pas marqués, des pas d'enfant ou de déesse.
Cette trace d'un pied moins lourd qu'une caresse
M'a doucement conduit au seuil de la maison,
Où, quelsque soient le temps, le jour et la saison,
Deux chastes yeux, pour moi, font fleurir l'allégresse.
Ce pied, c'était le sien, jusqu'alors ignoré!
L'hiver était bien dur! Mais mon cœur enivré
Contenait le printemps, l'été, l'azur... Que sais-je!
Le printemps et l'été, depuis, ont fait encor
Les bois pleins de fraîcheur, les sillons couverts d'or:
Je ne vois que ces pas divins et cette neige!