Les myrtes sont flétris !!

J. Faure

Du temps de nos amours,

Ma toute belle,

Vous entendiez toujours

Ma ritournelle.

Je comptais vos trésors

Et vos merveilles;

Vous vous bouchiez alors

Les deux oreilles.

Je vous disais ceci,

Cela, mille autres choses,

Je vous parlais aussi

Des lis, des myrtes et des roses.

De vos jardins fleuris

Fermez les portes:

Les myrtes sont flétris,

Les roses mortes!

L'amour m'a consolé,

Non pas le vôtre;

Pour un cœur envolé

J'en trouve un autre.

Les jours suivent les soirs

En ce bas monde;

Vos cheveux sont trop noirs,

J'aime une blonde.

C'est ici près de vous,

Que j'ai trouvé l'art de lui plaire;

Ses yeux bleus sont plus doux

Que votre œil noir n'était sévère.

Voyez comme sa main

Presse la mienne...

Passez votre chemin,

Dieu vous soutienne!

Elle me plaît ainsi,

Ne vous déplaise.

En prenez vous souci?

J'en suis fort aise.

Eh quoi! vous douteriez

De ma parole!

Je crois que vous riez?

Vous êtes folle.

De votre grand pouvoir

Vous connaissez la mesure;

Vous allez la savoir,

Et s'il faut qu'ici je le jure.

Je jure devant vous,

Devant Dieu même...

Je jure à vos genoux

Que je vous aime!