Les trois chansons de Rosève, I
J. Pillois
Depuis le début du printemps,
Celui que j'aime, je l'attends
A l'ombre des rameaux chantants.
On dit que toujours il voyage,
Et que parfois dans ce bocage
Luit son œil oblique et sauvage.
Aux étreintes accoutumé,
De fleurs lascives, parfumé
Il m'aime, je crois mon aimé,
Et si, près de l'orme ou du hêtre
Je n'ai pas encor vu paraître
Ses deux cornes, c'est que, peut-être,
Tantôt là-haut, tantôt là-bas,
Portant la fourche de ses pas
Il me cherche où je ne suis pas.