Les trois chansons de Rosève, II

J. Pillois

Souvent, par les midis d'été,

Je m'endors au creux d'une roche.

Le chèvre-pied de moi s'approche.

Il se penche avec volupté.

Sur mes yeux clos, ma bouche close.

Errent ses regards caressants;

Et son haleine, je la sens

Passer sur moi comme une rose.

Il me parle. La voix qu'il a

Semble un murmure de feuillage.

Je crois qu'à le suivre il m'engage;

Et je m'éveille: il n'est plus là.