L'adieu
L. Aubert
Quand, pour me faire ce geste,
tu as passé la main à travers le grillage de ta fenêtre,
toute la vie de mon corps s'est arrêtée.
Ni la fleur du magnolia,
ni la neige de la montagne,
ni le marbre, ni le jasmin,
ne sont plus blancs que tes doigts
où tes ongles brillaient comme des flammes.
A mes compagnons qui s'étonnaient
de sentir une odeur délicieuse,
j'ai dit: « C'est le bras de ma bien-aimêe,
ce sont les roses de ses ongles
qui ont embaumé le carrefour...
Que la bénédiction de Dieu soit sur cette demeure
où ma bien-aimée est prisonnière! »
Et mes compagnons s'attristèrent,
et mon cheval se mit à hennir,
car l'arôme du bras de ma bien-aimée
lui rappelait le parfum des grandes plaines
qui sont au-delà de la mer.