Le Trésor

L. Hillemacher

Tu peux vieillir, et le cours

De tes jours

Peut descendre comme un fleuve:

Demain tu retrouveras

Dans mes bras

Ta jeunesse toujours neuve.

Je cueille ta voix avant

Que le vent

Ne la prenne, et je l'emporte

Pour te rapporter ta voix

D'autrefois

Quand la chanson sera morte.

Du rire capricieux

Qu'ont tes yeux

Ma douleur s'est assouvie,

Mais je te rendrai plus tard

Le regard

Dont tu regardais la vie.

Tout mon culte a reflété

Ta beauté

Qu'il garde pour vivre en elle,

Et tu n'auras pour la voir

Au miroir

Qu'à chercher dans ma prunelle.