Invitation à la valse

M. Emmanuel

Les masques souriants qu'elles mettent le soir

Avec leur jupe neuve et leurs fleurs au corsage

Pour valser quelques tours, écouter au passage

Des mots indifférents et revenir s'asseoir

Le coeur un peu troublé près de leur mère sage;

Ces masques souriants, dont le regard s'enfuit

Et qui ne parlent pas, les font toutes pareilles

Comme les fleurs des champs, roses, blanches, vermeilles,

Ont des calices gris qui les voilent la nuit.

Cependant il est doux, si peu qu'on en jouisse,

De tourner en disant des mots qu'on entends pas,

Mais que l'on dit plus près et que l'on dit tout bas

Jusqu'à ce que le monde entier s'évanouisse

En un rêve confus entraîné sur vos pas.