Valse hongroise

M. Emmanuel

Langoureuse et molle, elle s'enlève

Comme un rêve,

La valse muette au rythme lent,

Nonchalant.

Elle a la douceur, la poésie

De l'Asie;

C'est comme un parfum des fleurs la nuit

Qui s'enfuit;

C'est comme un ramier aux ailes blanches

Dans les branches

Ou comme un nuage au gré du vent

Se mouvant.

Puis d'un coup d'archer, elle s'effare,

En fanfare,

S'emporte, bondit de volupté,

De fierté;

Devient vertige où tout s'efface,

Une chasse.

Une ivresse folle avec des flots

De sanglots.

La valse reprend douce comme un songe

Et s'allonge

Comme un frisson d'air, le long des roseaux

Sur les eaux.