Souvenirs de Muzot, I

M. Verheul

Nous vivons sur un ancien sol d'échange,

où tout se donne, tout se rend -,

mais notre cœur souvent échange l'Ange

contre la vanité d'un ciel absent.

Le pain naïf, l'outil de tous les jours,

l'intimité des choses familières,

qui n'est capable de les laisser pour

un peu de vide où l'envie prospère.

Mais même ce vide, si nous le tenons

bien contre nous, s'échauffe et s'anime,

et l'Ange, pour le rendre légitime,

l'entoure doucement d'un violon.