L'Aurore
O. Nazaykinskaya
Le sommeil, enchaînant le mensonge et le crime,
Apaise l'air troublé; l'homme dort, tout est pur.
Aïeule du Chaos, dans un repos sublime,
La Nuit plane et balance au-dessus de l'abîme
Le monde enveloppé de son suaire obscur.
« Te repens-tu? dit-elle au Créateur qui rêve,
Le néant, c'est la fin; parle et je lui rends tout. »
Sur la fange sanglante où fleurit encore Ève
Dieu se penche. Il se tait. Le Jour sauvé se lève,
Et, riant sous les pleurs, crie à l'homme: « Debout! »