Orphée aux enfers

Offenbach, Jacques

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Orphée aux enfers Libretto

ORPHÉE AUX ENFERSOpéra-féerie in 4 acts

ORPHÉE AUX ENFERSLibretto: Hector Crémieux et Ludovic Halvéy

ORPHÉE AUX ENFERSMusic by Jacques Offenbach

ORPHÉE AUX ENFERSL'Opinion publique, soprano

ORPHÉE AUX ENFERSUn Licteur, tenor

ORPHÉE AUX ENFERSEurydice, soprano

ORPHÉE AUX ENFERSOphée, tenor

ORPHÉE AUX ENFERSAristée-Pluton, tenor

ORPHÉE AUX ENFERSVénus, soprano

ORPHÉE AUX ENFERSCupidon, mezzo soprano

ORPHÉE AUX ENFERSMars, baritone

ORPHÉE AUX ENFERSJupiter, baritone

ORPHÉE AUX ENFERSDiane, soprano

ORPHÉE AUX ENFERSJunon, soprano

ORPHÉE AUX ENFERSMercure, tenor

ORPHÉE AUX ENFERSJohn Styx, tenor

ORPHÉE AUX ENFERSMinos, tenor

ORPHÉE AUX ENFERSEaque, tenor

ORPHÉE AUX ENFERSRhadamante, baritone

SYSTEMOuverture

ORPHÉE AUX ENFERSLa campagne aux environs de Thêbes

ORPHÉE AUX ENFERS(Au fond des blés et des bleuets

ORPHÉE AUX ENFERSA gauche au premier plan la cabane d`Aristée surmontée

ORPHÉE AUX ENFERSde cette enseigne: "Aristée, fabricant de miel, gros et détail,

ORPHÉE AUX ENFERSdépôt au Mont Hymene…"

ORPHÉE AUX ENFERSA droite, uu premier plan, la cabane d`Orphée

ORPHÉE AUX ENFERSavec cette inscription: "Orphee, directeur de l'orphéon

ORPHÉE AUX ENFERSde Thèbes, leçons au mois et au cachet "

ORPHÉE AUX ENFERSDes sentiers travenient les blés et conduisent à  un temple

ORPHÉE AUX ENFERSplacé sur une petite colline au troiséme plan

ORPHÉE AUX ENFERSà  gauche ce plan est praticable.

ORPHÉE AUX ENFERSAu lever du le rideau le théâtre est vide:

des bergers et des bergères entrent par la gauche.)

LES BERGÉRESVoici la douzième heure que chacun retourne en sa demeure

LES BERGÉRESAllons, rentrons nos blancs moutons.

LES BERGERSVoici la douzième heure, retournons en notre demeure

LES BERGERSAllons, rentrons nos blancs moutons

UN LICTEURPlace, place au conseil municipal qui casse, qui passe.

TOUSPlace, place!

Entrée du conseil municipal

LE CONSEILConseil municipal de la ville de Thébes,

LE CONSEILnous sommes les gardiens du bonheur pastoral,

LE CONSEILnous soignons les enfants, dirigeons les éphèbes,

LE CONSEILbref, nous sommes un bon conseil municipal.

LE CHÅ'URHonneur, honneur à  nos doyens !

LE CHÅ'URHonneur, honneur à  nos anciens !

LE CONSEILMerci merci mes chers entants,

LE CONSEILvos anciens de vous sont contents.

LE CHÅ'URHonneur, honneur à  nos doyens !

LE CHÅ'URHonneur, honneur à  nos anciens !

LE CONSEILVos anciens de vous etc

L'Opinion Publuque paraît précède de licteurs..

LE CONSEILElle est armée d'un fouet!

annonçent

UN LICTEURL'Opinion Publique !

sur une mélodée

L'OPINION PUBLIQUEQui je suis ? Du théâtre antique j'ai perfictinné le chÅ“ur;

L'OPINION PUBLIQUEje suis l'Opinion Publique, un parsonnage srymbolque,

L'OPINION PUBLIQUEce qu'on appelle un raisonneur.

L'OPINION PUBLIQUELa chœur antique an confidance se chargeait

L'OPINION PUBLIQUEd'expliquer aux gens ce qu'ils avaient compris d'avance

L'OPINION PUBLIQUEquand ils étaient intelligents,

L'OPINION PUBLIQUEMoi, je fais mieux: j'agis moi­même, et, prenant part à  l'action,

L'OPINION PUBLIQUEde la palme ou de l'anathème je fais la distribution.

L'OPINION PUBLIQUEQue prenne garde à  moi la femme qui voudrait tromper son époux,

L'OPINION PUBLIQUEet que se garde aussi l'époux qui ferait des traits à  sa femme !

L'OPINION PUBLIQUEC'est aux Personnages du drame que je parle, rassurez­vous !

L'OPINION PUBLIQUEVoici venir notre Eurydice ja pars… mais je suis toujours là ,

L'OPINION PUBLIQUEprêt à  sortir de la coulisse comme un Deus ex machina.

L'OPINION PUBLIQUE(L'Opinion Publique suive de lout son cortège

L'OPINION PUBLIQUEremonte vers le temple.

L'OPINION PUBLIQUELes veillards l'accompagnent en reprenant le chœur.

Les bergers sortent par les côtés. Le théâtre reste vide.

L'OPINION PUBLIQUESeule, au mileu des blés, on aperçoit Eurydice

L'OPINION PUBLIQUEqui cueille des fleurs et en fait une guirlande.)

EURYDICELa femme dont le cteur reve n'a pas de sommeil:

EURYDICEchaque jour elle x leve avec le soleil.

EURYDICELe matin de fleurs plus belles les prés sont brodes.

EURYDICEMais ces fleurs pour qui sont­elles ?

EURYDICEVous le demandez ? Vous le demandez ?

EURYDICEPour qui ? Ah ! ah ! ah ! ah !

EURYDICEN'en dites rien à  mon mari,

EURYDICECar c'est pour le berger joli qui loge ici.

EURYDICE(Elle s'approchre avec inquiétude de la cabane d'Aristée

EURYDICEet suspend à  sa porte une guirlande)

EURYDICEChaque jour ainsi j'apporte au berger galant de beaux bleuets,

EURYDICEqu'à  sa porte j'accroche en tremblant,

EURYDICEet mon pauvre cÅ“eur palpite à  bonds saccadés;

EURYDICEpour qui donc bat­il si vite ?

EURYDICEVous le demandez ? Vous le demandez ?

EURYDICEPour qui? Ah ! ah ! ah ! ah !

EURYDICEN'en dites rien à  mon mari, car c'est pour le berger joli qui loge ici.

EURYDICE(Elle entr'ouvre le porte de la cabane

EURYDICEet regarde un innant a l'interieur pendant ce temps,

Orphée paraît à  gauche, trenant à  la main son violon.

Eurydice prend le reste des fleurs qu'elle tient dans sa robe

EURYDICEet les jeette dans la cabane.)

ORPHÉEQue vois­je? N'est­ce pas la nymphe Maquita,

ORPHÉEla belle nymphe que j'adore? Seule-…

ORPHÉERevélons ma présence par ce trait qu'elle aime tant!

Il joue une phrase passionnée sur son violin.

ORPHÉEEurydice se retourne!

EURYDICEMon mari!

ORPHÉEMa femme! … Imbecile! … Depéchons­nous de crier avant elle! …

ORPHÉEAh ! je vous y prends, Madame…

ORPHÉEA qui donc jetiez­vous ces fleurs, s'il vous plaît?

EURYDICECes fleurs? Au vent! Et vous mon tendre ami,

EURYDICEà  qui jetiez vous ce chant passionne de votre… crin­crin?

ORPHÉEMon violon! … Ne touchez pas à  cette corde, Madame!

EURYDICEIl m'ennuie comme vos vers votre violon! …

EURYDICEAllez charmer de ses sons les bergères

EURYDICEde troisième ordres dont vous raffolez.

EURYDICEQuant à  moi, j'aime aujourd'hui ce berger, il m'aime,

EURYDICErien ne me séparera d'Aristée!

ORPHÉEAh! c'est ainsi!

EURYDICEOui, mon ami.

ORPHÉETu me trompes comme mari?

EURYDICEOui, mon ami!

ORPHÉETu me dédaignes comme artiste?

EURYDICEOui, mon ami!

ORPHÉETu n'aimese pas le violoniste?

EURYDICENon, mon ami,

Le violoniste me paraît triste; l'insturmeniste est assommant,

EURYDICEet l'instrument me déplaît souverainement.

ORPHÉEAh! de ton insolence je dois tirer vengeance!

EURYDICEEt comment, je vous prie?

ORPHÉEJe vais ma tendre amie vous jouer aussitôt

ORPHÉEune Å“uvre de génie, mon dernier concerto!

EURYDICEGrâce, grace, je t'en supplie!

ORPHÉENon, non, pas de retard, c'est le comble de l'art,

ORPHÉEil dure une heure un quart!

EURYDICEMiséricorde, une heure un quart!

ORPHÉEUne heure un quart, c'est le comble de l'art.

EURYDICEJe n'écouterai pas.

ORPHÉESi, tu m'écouteras!

EURYDICENon, non, non, non, non!

Orphée joue sur son violon

EURYDICEGrâce, grâce, ah!

EURYDICEC'est déplorable, c'est effroyable,

EURYDICEc'est assommant, c'est irntant!

ORPHÉEC'est adorable, c'est délectable,

ORPHÉEc'est ravissant, c'est entrainant,

ORPHÉEAh! c'est charmant, c'est ravissant!

ORPHÉEEcoutez encore ce motif, langoureux, expressif!

EURYDICELa, la, la, la, la!

EURYDICEC'est assommant, c'est irritant!

EURYDICELa la la, la, la!

EURYDICENon, je ne veux rbn entendre.

ORPHÉEAh ! c'est doux, ah ! c'est tendre!

EURYDICENon, non, non, non, c'est horrible, c'est terrible!

ORPHÉEQuel trémolo!

ORPHÉEPresto, presto!

ORPHÉELargo, largo!

ORPHÉEPizzicato, pizzicato!

ORPHÉEPresto, presto!

ORPHÉEAmoroso! Agitato!

EURYDICEC'est terrible, c'est terrible!

EURYDICEAh! Seigneur, quel supplice!

EURYDICEC'est fini, le vorià  parti!

EURYDICEO Vénus, sois­moi propice, délivre­moi de mon mari.

EURYDICEA la bonne heure! Séparons­nous donc!

ORPHÉEJe le ferais de bon cÅ“ur se cela ne devait

ORPHÉEpas nuire a ma considération.

ORPHÉEJe suis esclave de l'opinion publique j'ai besoin du monde,

ORPHÉEje ne veux pas le heurter.

ORPHÉEMais je me suis mis en tête

ORPHÉEde pourfendre chacun de vos adorateurs.

riant

EURYDICEAvec votre archet?

ORPHÉENon, Madame, je crois enutile de vous apprendre le moyen

ORPHÉEque j'ai choisi pour attraper le maraudeur.

EURYDICELe maraudeur!

ORPHÉEOui... cet espèce de berger d'aventure.

EURYDICEAristée?

ORPHÉEPrécisément ! Eh bien, qu'il vous suffise de savoir ceci:

ORPHÉEje ne lui conseille pas de continuer à  folâtrer dans les blés que voilà !

EURYDICEEt qui l'en empêchera?

ORPHÉEOui?... Certaine petite surprise que j'ai semée

ORPHÉEà  son intention dans ces blonds épis.

Il sort.

EURYDICEQue veut­il dire avec sa surprise? Et ses blonds épis ?

EURYDICEC est que ce vilain homme est capable de tout…

EURYDICEQuelque piège peut­être! Courons au­devant d'Aristée! …

EURYDICELes autres. Cela m'est égal, mais lui. Courons!

(Elle sort à  gauche. Le théâtre se remplit de bergers

EURYDICEet de bergères qui dansent un ballet pastoral.

EURYDICEAprès le ballet, on entend le son d'un chalumeau

EURYDICEet tous les bergers s'arrêtent suivant des yeux Aristée

EURYDICEqui descend la colline.)

ARISTÉEMoi; je suis Aristée, un berger d'Arcadie,

ARISTÉEun fabricant de miel, ivre de mélodie,

ARISTÉEsachant se contenter des plaisers innocents

ARISTÉEque les dieux ont permis â l'habitant des champs.

Voir voltiger sous les treilles entre terre

ARISTÉEet ciel les essaims de mes abeilles butinant leur miel,

ARISTÉEvoir le lever de l'aurore et chaque matin se dire

ARISTÉEje veux encore le revoir demain.

ARISTÉEVoilà  la fête d'une ame honnète,

ARISTÉEle vrai bonheur d'un tendre coeur.

ARISTÉEAh! Voir bondir dans la plaine les petits moutons,

ARISTÉEaccrochant leur blanche laine â tous les buissons,

ARISTÉEvoir sommeiller la bergère tandis qu'à  pas lents,

ARISTÉEle berger qu'elle préfère vient et la surprend!

ARISTÉEVoilà  la fête d'une âme honnête,

ARISTÉEle vrai bonheur d'un tendre cÅ“ur Ah!

Il regarde avec précaution aviour de lui.

ARISTÉEVoilâ ! Voilâ ce que je dis pour inspirer de la confiance !

ARISTÉEOui, je chante les petits moutons, mais si vous saviez qui je suis en réalité,

ARISTÉEet quels projets infernaux je médite! Je vous dirai cela tout à  l'heure.

Les bergers se retirent

SYSTEMN° 5 bis. SORTIE DES BERGERS

Eurydice s'approche

ARISTÉEVoici la tendre Eurydice! N'avons pas l'air d'avoir passé dans les blés!

Il remonte.

entrant

EURYDICEAh! Le voici ! J'arrive à  temps ! Aristée, mon beau berger,

EURYDICEprends garde ! Ne bouge pas!

ARISTÉEComment, ne bouge pas!

Il fait un pas vers les blés.

EURYDICEAristée! Au nom de mon amour, n'approche pas!

ARISTÉEComment?

EURYDICEMon mari sait tout! Il nous aura espionnés!

EURYDICEEt il a semé des serpents dans ces blés,

EURYDICEtémoins ordinaires de nos innocentes amours…

à  part

ARISTÉEEst­il bête, l'animal!

ARISTÉEIl veut me surprendre et il me fast prévener!

ARISTÉERéparons sa maladresse…

haut

ARISTÉEAllons donc !

ARISTÉERegarde comme je me moque de ses reptiles! Regarde!

Il trottine dans les blés.

EURYDICEAristée ! Ton amour et ton courage t'emportent! Aristée!

EURYDICETu cours â la Mort!

ARISTÉEIl n'y a pas de danger!

EURYDICEEh bien, alors, je veux mourir avec toi!

à  part

ARISTÉEAllons donc!

ARISTÉE(Ils marchent dans les blés, à  la rencontre l'un de l'autre,

ARISTÉEEurydice s'arrête tout à  coup, un pied en l'aid.)

SYSTEMN° 5 ter MÉLODRAME

EURYDICEAie!

ARISTÉECrac! Çà  y est!

EURYDICEJe suis mordue! …

tout bas

ARISTÉEEt plus que tu ne crois ! Complètement mordue!

Il la prend dans ses bras et la dépose sur le banc, à  gauche.

ARISTÉEMaintenant, Pluton, redeviens toi-même! Une, deux, trois!

(Son costume de berger disparaît,

ARISTÉEil est vêtu en dieu des enfers. Il s'adresse au public.)

ARISTÉEPas berger du tout ! Pluton, roi des Enfers !

ARISTÉEVoilà  ce que le voulais vous dire tout a l'heure

ARISTÉEEt maintenant, désorganisons les éléments!

ARISTÉE(Il fait un signe de son bident. Tonnerre. La nuit arrive subitement.

Le décor prend une couleur sinistre. Orage.

ARISTÉELorsque l'orage est fini, il ajoute)

ARISTÉEIci, uoila comment on désorganese les éléments.

EURYDICEDieux puissants ! Est­ce que le vais mourir?

ARISTÉEEntrerement! Lasciate ogni speranza!

Il rit d'un rire strident.

EURYDICEEt cependent, je ne souffre pas.

bas

ARISTÉEJe t'expliquerai pourquoi.

EURYDICEAh ! c'est étrange

ARISTÉEC'est logique!

EURYDICELa mon m'apparait sourianie, qui vient me frapper près de toi,

EURYDICEElle m'attire, elle me tente…

EURYDICEMon, je t'appelle, emporte moi!

EURYDICEMon ton ivresse me penètre, ton froid ne me fait pas souffrir,

EURYDICEil semble que je vais renaître, oui, renaitre au bau de mourir!

lui tâtant le pouls

ARISTÉEÇa y est! Une larme, et partons! Ah ! avant de partir,

ARISTÉEabusons de notre divinité pour jeter un dernier défi au mari!

SYSTEMN° 6 bis MELODRAME

ARISTÉE(Aristée étent son bident sur la tête d'Eurydice qui se reveille

ARISTÉEet se dresse comme dominée. Il lui donne et bident

ARISTÉEet montrent du geste la cabane d'Orphée)

ARISTÉEVoilà  une plume et tout ce qu'il faut pout ecrire!

ARISTÉE(Eurydice écrit sur la porte ces quatre vers

ARISTÉEqui se tracent en lettres de feu.)

EURYDICEJe quitte la maison parce que je suis morte

EURYDICEAristée est Pluton et le diable m'emporte!

ARISTÉELa rime n'est pas riche mais la richesse ne fait pas le bonheur!

ARISTÉE(Armé de son bident, i1 fascine Eurydice

ARISTÉEet la force à  gagner le milieu du théâtre où elle s'agenouille.)

ARISTÉELe fakir! Le vrai fakir! J'en fais ce que je veux !

ARISTÉEEt maintenant, aux sombres bords!

ARISTÉE(Ils disparaîssent tous deux dans une trappe

ARISTÉEOrphée rentre par la droite.

Il gagne sa maison et sur le point d'entrer s'arrête

ARISTÉEfrappé par l'inscription.)

ORPHÉEQue vois­je ? L'écriture de ma femme!

lisant

ORPHÉEJe quitte la maison parce que je suis morte,

ORPHÉEAristée est Pluton et le diable m'emporte!

ORPHÉEComment, elle est… Oh! Mais ce n'est pas possible!

Il entre dans sa cabane et en resort immédiatement.

ORPHÉEMais si! Elle est bien morte, pius'elle le dit elle-même! …

ORPHÉEAh! merci, merci, Jupin!

ORPHÉELibre! ô bonheur ! ô joie extreme!

ORPHÉECourons conter le fait à  la nymphe que j'aime!

en coulisse

ORPHÉEAnathème, anathème, sur celui qui sans pitie,

ORPHÉEanathème, anathème, refuse une larme même à  sa moitié.

ORPHÉEEtranges cris ! Encore ces voix!

ORPHÉEDe tous les côtés à  la fois!

ORPHÉEQuel phénomène d'acoustique!

LE CHÅ'URAnathème, etc.

LE CHÅ'UR(Orphée épredu traverse les blés

LE CHÅ'URet gravit le sentier qui mène au temple.

LE CHÅ'URLes portes du temple s'ouvert et laissent voir l'Opinion Publique.

LE CHÅ'URElle descend, suivre de son cortège et du Conseil Municipal.)

ORPHÉECiel! l'Opinlon Publique qui me poursuit déjà !

LE CHÅ'URCiel! l'Opinion Publique qu'le poursuit déjà !

L'OPINION PUBLIQUEC'est l'Opinion Publique qui proclame qu'elle sait

L'OPINION PUBLIQUEqui peut dans un sentier oblique saisir la trace d'un forait,

L'OPINION PUBLIQUEqui dit à  la main sacrilège dans le blé tu semas le piège!

L'OPINION PUBLIQUEHalte là ! Çà  n'peut pas s'passer, non, ça n'peut pas s'passer comm'ça!

LE CHÅ'URHalte la! Ça n'peut pas s'passer, non, ça n'peut pas s'passer comm'çà !

L'OPINION PUBLIQUEEpoux indigne, ma colére te suivra de toutes façons,

L'OPINION PUBLIQUEje veux te mettre en la misere, te faire perdre tes hçons

L'OPINION PUBLIQUEet du crépuscule à  l'aurore troublant tes nuits, crier encore

L'OPINION PUBLIQUEHalte là  ! etc

LE CHÅ'URHalte là ! Etc

L'OPINION PUBLIQUEViens! à  l'Opinion c'est en vain qu'on résiste!

LE CHÅ'URPars! À l'Opinion c'est en vain qu'on résiste!

ORPHÉEGrâce!

L'OPINION PUBLIQUEPour te soustraire à  ma sevéité et pour senvir d'exemple

L'OPINION PUBLIQUEà  la postérité, un seul moyen te reste!

ORPHÉEEt lequel, dis?

L'OPINION PUBLIQUEBédame, c'est de courir après ta temme!

ORPHÉEMais ne je l'aime pas!

L'OPINION PUBLIQUEL'exemple à  tous yeux n'en sera que plus glorieux!

ORPHÉEFut­il jamais un sort plus triste !

L'OPINION PUBLIQUECours, cours apris ta femme!

LE CHÅ'URCours, cours aprês ta femme!

ORPHÉEA ton implacaùle voix il faut céder, je le vois.

ORPHÉEMais avant d'ètre l'époux, je suis orphéoniste,

ORPHÉEà  mes élèves studieux permets qu'au moins je fasse mes adieux!

L'OPINION PUBLIQUEC'est un bon sentiment, il ne peut que me plaire.

ORPHÉEDans un petit moment, j'aurai fait mon aflaire.

ORPHÉEA moi, mes amis ! Ecoutez un peu!

ORPHÉEVotre professeur veut vous dire adieu!

Les élèves d'Orphée entrent et préludent sur leurs violons.

ORPHÉEQuelle attention délicate!

ORPHÉEC'est ma dernière cantate!

L'OPINION PUBLIQUEAh! ces adieux sont vraiment touchants,

L'OPINION PUBLIQUEet ce sont là  de charmants enfants!

LE CHÅ'URCes adieux sont vraiment touchants,

LE CHÅ'URil avait là  de charmants enfants!

LE CHÅ'URLa la la la, etc.

ORPHÉEAdieu, mes chers enfants, adieu jeunes élèves,

ORPHÉEbs destins sont vraiment changeants,

ORPHÉEje pars pour le pays des rêves on ne fait pas toujours

ORPHÉEce qu'on veut et voilà !

ORPHÉEQuand vous vous marierez, vous comprendrez cela.

LES ENFANTSAdieu, Maestro, partez donc presto!

LES ENFANTSAdieu, Maestro, le temps est très beau,

LES ENFANTSle temps est beau, n'allez pas là ­haut oublier Toto, Lolo ni Coco.

LES ENFANTSOui, partez donc presto ! O grand Maestro!

ORPHÉEAh ! mes enfants, mes chers enfants!

LES ENFANTSAdieu, Maestro, etc.

L'OPINION PUBLIQUEAllons! c'est le moment!

L'OPINION PUBLIQUETrêve a l'attendrissement!

ORPHÉEC'est le moment!

ORPHÉELE CHÅ'UR et LES ENFANTS

ORPHÉEC'est le moment!

L'OPINION PUBLIQUEViens! c'est l'honneur qui t'appelle, et l'honneur passe avant l'amour…

L'OPINION PUBLIQUEViens! Je serai ton compagnon fidèle pendant l'aller et le retour!

TOUSVa! C'est l'honneur qui t'appelle, et l'honneur passe avant l'amour…

TOUSBénis donc le guide fidèle qui te suivra jusqu'au retour.

TOUSVa! C'est l'honneur, etc.

TOUSL'Olympe

TOUS(Le théâtre est dans l'obscurité.

TOUSLes dieux sont endormis dans des nuages.)

SYSTEMNo. 8 ENTR'ACTE ET CHÅ'UR DU SOMMEIL

TOUSLe Chœur

TOUSDormons, dormons, que notre somme ne vienne jamais à  finir,

TOUSpuisque le seul bonheur en somme dans notre Olympe est de dormir.

Venus entre a petit pas

VÉNUSVénus Je suis Vénus ! et mon amour a tait l'école buissonniere!

VÉNUSJe reviens au lever du jour d'un petit voyage a Cythère!

VÉNUSUn profond mystère cache mon retour ils dorment tous!

VÉNUSEndormons nous!

VÉNUS(Elle s'endort dans un nuage à  droite.

Cupidon entre sur le pointe des pieds.)

CUPIDONJe suis Cupidon mon amour a fait l'école buissonnière!

CUPIDONJe reviens au lever du jour d'un petit voyage a Cythère!

CUPIDONUn profond mystère cache mon retour!

CUPIDONIls dorment tous!

CUPIDONEndormons­nous!

CUPIDON(Il s'endort dans un nuaqe à  gauche.

CUPIDONAu même instant paraît Mars qu'i entre militairement!)

endommi

LE CHÅ'URAh!

MARSJe suis le dieu Mars, à  mon tour fe viens d'chez ma particulière,

MARSet je rentre au lever du jour d'un petit voyage à  Cythère.

MARSLa p'tit cantinière cache mon retour dans mon nuage,

MARSj'm'en vas filer, car la consigne est de ronfler.

MARS(Il s'endort dans un nuage, à  droite.

MARSMorphée suivi de la Nuit

MARSet de son cortège des songes de toutes les couleurs

MARSparcourt les ranqs des divintés endommies

MARSet leur secoue des pavots sous le nez.)

endormi

LE CHÅ'URAh!

MORPHÉETzing, tzing, tzing, tzing, dans les célestes

MORPHÉEdemeures versons nos pavots sans bruit.

LE CHÅ'URAh!

MORPHÉETzing, tzing, tring, tzing, bientôt les premières heures

MORPHÉEs'en viendront chasser la nuit.

MORPHÉETzing, tzing, tzing, tzing

LE CHÅ'URAh!

MORPHÉETzing, tzing, etc

MORPHÉE(Quand Morphée a fini sa tournée

MORPHÉEet que la Nuit a groupé des songes devant les deux endormis,

MORPHÉEon entend sonner la première heure,

MORPHÉEpuis la seconde, puis la troisième,

MORPHÉEet chaque sonnerie correspond à  l'entré d'une heune nouvelle.

SYSTEMTableau chorégraphique des Heures poursuivant la Nuit

MORPHÉEet les Songes et commençant à  les chasser

MORPHÉEQuand la nuit a disparu, les Heures se groupent

MORPHÉEet appellent leurs sÅ“urs qui arritent les unes

MORPHÉEaprès les autres amenant l'Aurone: le décor devient rose.

MORPHÉENouveau ballet, puis une sonnerie de chasse retentit dans le lointain

MORPHÉEet se rapproche peu à  peu.)

JUPITERPar Saturne! quel est ce bruit qui nous réveille au milieu de la nuit?

JUPITERC'est Diane, ma fille chérie, qui nous sonne sa sonnerie!

JUPITERSus! qu'on se réveille à  l'instant!

bâillant

LE CHÅ'URAh!

JUPITEREt surtout pas de bâillement!

JUPITERD'un cri de joie et d'allégresse il faut saluer la déesse;

JUPITERobéissons au règlement!

Diane entre avec ses Nymphes.

LE CHÅ'URSalut à  Diane chasseresse!

VÉNUSMais pourquoi cet air de tristesse?

TOUSPourquoi cet air de tristesse?

DIANEAh ! rien n'égale mon tourment!

DIANEQuand Diane descend dans la plaine,

DIANETonton tontaine tonton

DIANEC'est pour y chercher Actéon

DIANETonton tontaine tonton

DIANEC'est pres d'une fontaine,

DIANETonton tontaine tonton que Diane rencontre Actéon,

DIANETonton tontaine tonton, que Diane rencontre Actéon!

LE CHÅ'URQue Diane rencontre Actéon!

DIANEOr ce matin dans la plaine,

DIANETonton tontaine tonton je m'en fus chercher Actéon,

DIANETonton tontaine tonton mais hélas près de la fontaine,

DIANETonton tontaine tonton, point n'est venu mon Actéon,

DIANETonton tontaine tonton, point n'est venu mon Actéon.

Point n'est venu son Actéon.

DIANEPauvre Actéon ! Qu'est­il devenu ?

JUPITERCe qu'il est devenu, chaste Diane? Je vais te le dire!

JUPITERTu te compromettais avec ce jeune homme,

JUPITERje me suis débarrassé de lui!

DIANEEt comment?

JUPITERJe l'ai changé en cerf ! Corbleu, mes enfants,

JUPITERles faibles mortels ont l'œil sur nous!

JUPITERSauvons les apparences, au moins, sauvons les apparences, tout est la!

DIANEVous les sauvez bien, vous!

JUNONEst­ce qu'il a encore hit quoique nouvelle escapade?

JUPITERC'est toi, ma bonne Junon-… Qu'est­ce qu'il y a?

JUNONIl y a que je ne puis plus vivre ainsi!

JUNONEt que l'existence que vous me faîtes.

JUPITERQu'est­ce que j'ai encore tait, voyons! …

JUNONEh bien, il n'est bruit là -bas que de la disparition d'une mortelle,

JUNONqui vient d'être enlevée par un dieu. Cette femme s'appelle Eurydice.

JUNONEt le dieu, c'est vous!

JUPITERMoi?

JUNONEt quel autre que vous eût osé ?…

JUPITERVois, mon amie, ou t'entraîne ton aveugle passion!

JUPITERCet enléventent, je le connais comme tol.

JUNONJe le crois.

JUPITERMes soupçons se portent sur quelqu'un

JUPITERet j'ai envoyé aux renseignements mon fidèle Mercure.

JUNONJe ne vous crois plus, gros hypocrite!

JUNONVous m'avez tant de fois trompée!

(Mercure entre en dansant et ne cesse de sautiller

JUNONpendant tout le temps qu'il chante.)

MERCUREEh hop! Eh hop! Place à  Mercure!

MERCURESes pieds ne touchent pas le sol,

MERCUREun bleu nuage est sa voiture, rien ne l'arrête dans son vol.

MERCUREBouillet dans son dictionnaire vous dira mes titres nombreux:

MERCUREje suis le commissionnaire et des déesses et des dieux;

MERCUREpour leurs amours moi je travaille, actif, agile, intelligent,

MERCUREmon caducée est ma médaille, une médaille en vit argent.

MERCUREEh hop! Eh hop! Place à  Mercure!

MERCURESes pieds ne touchent pas le sol, un bleu nuage est sa voiture,

MERCURErien ne l'arrête dans son vol.

MERCUREJe suis le dieu de l'éloquence, les avocats sont mes enfants,

MERCUREils me sont d'un secours immense pour flanquer les mortels dedans.

MERCUREJe dois comme dieu du commerce détester la fraude et le dol,

MERCUREmais je sais par raison invérse les aimer comme dieu du vol,

MERCUREcar j'ai la main fort indirecte et quelquefois le bras trop long:

MERCUREquand il était berger d'Admète j'ai chipe les bÅ“ufs d'Apollon.

MERCURETout en étant le dieu des drôles, je suis le plus drôle des dieux,

MERCUREj'ai des ailes sur les épaules, aux talons et dans les cheveux.

MERCUREJupin mon maître sait me mettre à  toute sauce;

MERCUREil finira par me mettre dans un barometre pour savoir le temps qu'il fera.

JUNONPour savoir le temps qu'il fera.

MERCUREEh hop!

JUPITEREh hop!

JUPITERMERCURE, JUNON et JUPITER

JUPITEREh hop ! Eh hop ! Place à  Mercure, etc.

Mercure s'immobilise avec peine devant Jupiter et Junon

MERCURESalut au puissant maître des dieux et de la…

JUPITERPas de phrases! Au fait!

MERCURESeigneur, j'arrive en droite ligne des Enfers!

JUPITEREt Pluton!

Pluton était sorti. Il est rentré aux Enters il y a une heure.

à  Junon

JUPITEREcoute çà , pomme d'amour!

JUNONOui?

à  Mercure

JUPITEREt d'où venait-il?

MERCUREDe la terre.

JUPITERSeul?

MERCURESeul? Non pas. Avec une jolie petite femme

MERCUREqu'il venait d'enlever à  son mari.

JUPITERCette femme a pour nom?

JUPITERAh! le coquin de Pluton ! Et il va venir?

MERCUREA l'instant… je lui ai dit que vous l'attendiez.

MERCUREEt tenez, le voilà  qui descend de son char.

JUPITEREh bien, je vais le traiter comme il le mèrite!

(Pluton entre escorté d'une nuée

JUPITERde petits démons portant son lunch.)

PLUTONSalut au puissant maître des cieux et de la terre!

PLUTONComme il me regarde! Est-ce qu'il se douterait?..

PLUTONDétournons les soupçons! Flagornons­le.

PLUTONAyons l'air de trouver son domicile agréable.

PLUTONJ'ai justement une belle tirade que j'ai lue quelque part…

PLUTONAh! avec quelle volupté je m'enivre des sauves émanations

PLUTONde cette atmosphère douce et vivitiante de l'Olympe!

PLUTONHeureuses divinités qui folâtrez sans cesse sous des cieux toujours bleus!

PLUTONTandis que je suis condamné aux sombres cloaques du royaume infernal,

PLUTONici l'on respire une odeur de déesse et de nymphe,

PLUTONune suave odeur de myrte et de verveine, de nectar et d'ambroisie!

PLUTONOn entend le rrroucoulement des colombes

PLUTONles chansons d'Apollon et la lyre de Lesbos.

PLUTONVoici les Nymphes voici les Muses, les Grâces ne sont pas loin.

PLUTONNon, non! Vous les verrez danser, calmes et bondissantes,

PLUTONaux douces clartés de la lune d'Avril.

PLUTONOn entend le rrroucoulement etc.

PLUTONTous les parfums sont déchainés, et les parfums de la nuit,

PLUTONet les parfums du jour, les parfums du matin,

PLUTONet les parfums du soir, et les parfums du ciel,

PLUTONet les parfums des Grâces, et les parfums des Muses

PLUTONet les parfums des Nymphes.

JUPITERLaissons cela! Il paralt, mon bonhomme,

JUPITERque tu te conduis comme le dernier des drôles!

PLUTONSelgneur!

JUPITERTu as abusé de ton pouvoir en enlevant par la mort

JUPITERune épouse a son éxpoux.

PLUTONCe n'est pas vrai!

JUPITERNe nie pas, je sais tout!

PLUTONCe n'est pas vrai!

JUPITERSilence! Quand je parle, on se tait!

On entend des cris au dehors.

PLUTONÇa ne m'a pas l'air de cris d'enthousiasme cela!

JUPITERUne révolte!

N° 14. CHÅ'UR DE LA RÉVOLTEDIANA, VÉNUS. CUPIDON et LE CHÅ'UR des Dieux

N° 14. CHÅ'UR DE LA RÉVOLTEAux armes, dbux et demi­dieux!

N° 14. CHÅ'UR DE LA RÉVOLTEAbattons cette tyrannie.

N° 14. CHÅ'UR DE LA RÉVOLTECe régime est fastidieux!

N° 14. CHÅ'UR DE LA RÉVOLTEAux armes! Aux armes!

JUPITERUne révolte, vraiment c'est curieux!

à  part

PLUTONUne révolte chez les dieux!

PLUTONSur mon âme, elle arrive au mieux!

PLUTONLes Déesses et Cupidon

PLUTONPlus de nectar! plus d'ambroise!

PLUTONPlus de nectar, cette liqueur fait mal au cœur... oui, mal au coeur!

PLUTONAssez de sucre et d'ambroise!

PLUTONPlus d'ambroisie!

PLUTONlls ont raison! Ces aliments sont fades!

PLUTONParlez­moi de ceci, de ceci, camarades!

PLUTON(Il brandit les mets et les flacons qui constituent son lunch

PLUTONet que portant ses petits demons.)

PLUTONDIANE, VÉNUS, CUPIDON et le. ChÅ“ur

PLUTONAux armes! dieux et demi­dieux!

PLUTONAbattons cette tyrannie!

PLUTONCe régime est fastidieux! etc.

JUPITERSilence, ou je tonne!

Cris plus violents.

JUPITERAlors c'est une sédition! On refuse obéissance!

TOUSOui! Oui! Oui!

JUPITEREt la morale?

PLUTONIl faudrait pourtant s'entendre sur ta morale!

PLUTONTu en as fait bien d'autres, toi, mon petit père! …

JUPITERMoi? Jamais… bon epoux, bon père, bon…

PLUTONAh oui ! Parlons-en de tes qualités domestique!

PLUTONTu me reproches ce que j'ai fait…

PLUTONSi on rappelait ce que tu as fait, toi!

DIANELaisse donc! Moi Diane, j'en sais sur ton compote!

VÉNUSEt moi, Venus!

CUPIDONEt moi, Cupidon

TOUSEt nous donc!

CUPIDONNous avons fait des chansons là ­dessus!

PLUTONTu l'entendras!

TOUTTu l'entendras!

JUNONCe sera ta punition!

DIANEPour séduire Alcmène la fière tu pris les traits de son mari!

DIANEJe sais bien des femmes sur terre pour qui çà  n'eût pas réussi!

DIANEAh! ah! ah! ah! ah! ah!

DIANENe prends plus l'air patelin: on connaît tes farces, Jupin!

DIANEAh! ah! ah! ah! ah! ah!

DIANENe prends plus l'air patelin, on te connaît Jupin!

LE CHÅ'URAh! ah! ah! ah! ah! ah!

LE CHÅ'URNe prends plus, etc.

VÉNUSCe cygne traqué par un aigh que Léda sauva dans ses bras,

VÉNUSc'était encore vous, gros espiègle!

VÉNUSJ'étais l'aigle, ne le niez pas!

VÉNUSAh! ah! ah! etc.

CUPIDONQue prouvent ces métamorphoses?

CUPIDONC'est que tu te trouves si laid, que pour te faire aimer

CUPIDONtu n'oses te montrer tel que l'ont t'a fait!

CUPIDONAh! ah! ah! etc.

CUPIDON(Mercune est dans le fond,

CUPIDONdecout sur les gradins de l'amphithéâtre.)

MERCURESeigneur, deux étrangers sont là  qui demandent audience!

JUPITERLeurs noms?

MERCUREOrphée.

à  part

JUPITEROrphée!

à  Pluton

JUPITERJe vais te repincer, Pluton!

MERCUREIl est accompagné d'un jeune homme qui se dit l'Opinion Publique.

JUPITERL'Opinion Publique! Mes enfants, trêve à  nos dissensions intestines!

PLUTONNe les recevez pas!

TOUSRecevez-les!

JUPITERJe vais les recevoir! Je suis Jupin et je dois la justice à  tous!

à  Pluton

JUPITERAh! tu tremblés, Pluton!

(Mercure sort et revient introduisant

N° 16. FINALOrphée et l'Opinion Pubique.)

PLUTONIl approche! Il s'avance!

PLUTONLe voilà , oui, c'est bien lui!

PLUTONAh! sapristi! je commence à  bien m'ennuyer ici.

LES DIEUXIl approche! il approche!

LES DIEUXLe voilà , oui, c'est bien lui!

LES DIEUXL'on va prendre ta défense, hélas, trop infortuné mari!

ORPHÉEC'est malgré moi que j'avance!

ORPHÉEEt je suis tout ahuri ce voyage­là  commence

ORPHÉEà  me donner beaucoup trop d'ennui.

ORPHÉEPLUTON, JUPITER et MERCURE

ORPHÉELe voilà !

ORPHÉEDIANE, CUPIDON, VENUS et LE CHÅ'UR

ORPHÉEAttendons!

ORPHÉEPLUTON, JUPITER et MERCURE

ORPHÉEC'est bien lui!

ORPHÉEDIANE, CUPIDON, VÉNUS et LE CHÅ'UR

ORPHÉEObservons!

ORPHÉELa vengeance est bien près de moi!

L'OPINION PUBLIQUEAvance! avance! Obéis-moi!

L'OPINION PUBLIQUEDIANE, CUPIDON, VENUS et LE CHÅ'UR

L'OPINION PUBLIQUERegardons, écoutons, oui regardons même écoutons!

L'OPINION PUBLIQUECar on va prendre ta défense, trop infortuné mari!

ORPHÉELa vengeance est bien près de moi!

ORPHÉEDieu! qu'il m'ennue!

ORPHÉEOui, il m'ennue ce damné jeune homme,

ORPHÉEil commence à  me donner de l'ennui.

ORPHÉEPLUTON, JUPITER et MERCURE

ORPHÉELe voilà , c'est bien lui, il approche, il s'avance! etc.

L'OPINION PUBLIQUELa vengeance est bien près de toi, obéis­moi, marche toujours!

L'OPINION PUBLIQUECrains ma vengeance!

L'OPINION PUBLIQUESinon, crains la vengeance prète à  fondre sur toi!

à  Orphée

JUPITERQue me veux­tu, faible mortel?

bas à  Orphée

L'OPINION PUBLIQUEVoici le moment solennel!

L'OPINION PUBLIQUETu vas, d'une voix attendrie,

L'OPINION PUBLIQUEimplorer du grand Jupiter le droit de reprendre

L'OPINION PUBLIQUEà  l'Enfer ton épouse tendre et chérie!

ORPHÉEVous le voulez?

L'OPINION PUBLIQUEAllons!

Orphée prend son violon et joue.

ORPHÉEOn m'a ravi mon Eurydice…

ORPHÉEDIANE, CUPIDON et Vanus

ORPHÉERien n'égale son tourment!

DIANERien n'égale sa douleur!

DIANECUPIDON, DIANE, VÉNUS et les DÉESSE

DIANERien n'égale sa douleur!

DIANEEt le ravisseur?

JUPITERC'est?

avec force

DIANEC'est Pluton!

TOUSC'est Pluton! C'est Pluton!

ORPHÉEC'est Pluton!

haut, avec dignité

JUPITERPuissant justement le crime et l'injustice

JUPITERje condamne Pluton à  lui rendre Eurydice!

à  part

ORPHÉEO ciel! O ciel! Il me la rend!

à  part

PLUTONO ciel! O ciel! Il me la prend!

JUPITEREt pour faire observer ma volonté supreme,

JUPITERaux Enfers aujourd'hui,

JUPITERPluton, j'irai moi­même!

LES DIEUXAux Enters!

LES DIEUXDIANE, CUPIDON VÉNUS et MERCURE

LES DIEUXJupin, emmenez­nous avec vous, s'il vous plaît!

LES DIEUXEmmenez~nous, Jupin, emmenez­nous avec vous.

JUPITERAllons, j'emménerai l'Olympe au grand complet!

LES DIEUXVive Jupin!

MERCUREVenez tous, venez tous!

LES DIEUXGloire, gloire à  Jupiter, gloire à  ce dieu clément

LES DIEUXet doux qui pour ce sémillant enfer,

LES DIEUXn'a pas voulu partir sans nous!

LES DIEUXPartons, partons! La, la, la, la!

LES DIEUXPartons, marchons! Ah!

LES DIEUXPlus de nectar, plus de ciel bleu!

LES DIEUXOh, nous allons donc rire un peu merci, mon Dieu, merci, mon Diéu!

LES DIEUXLa, la, la, la, la, partons, marchons!

JUPITERPrenons nos attributs, partons, n'hésitons plus!

LES DIEUXPrenons nos attributs partons, n'hésitons plus!

TOUSMerci, merci!

TOUSLa, la, la, la, partons, partons, etc.

TOUSGloire, gloire à  Jupiter, etc.

Tous les dieux sortent ravis.

SYSTEMNo. 17 ENTRACTE

TOUSLe boudoir de Pluton

TOUS(Mélange de sévérité etde confortable.

TOUSFauteuil et bureau de Pluton au deuxième plan de face.

TOUSAu lever du rideau Eurydice est seule,

TOUSdans l'attitude de lennui et de l'impatience.)

SYSTEMNo. 18 COUPLETS DES REGRETS

EURYDICEPersonne encore Pas de nouvelles.

EURYDICEAh, ça, mais c'est intolérable!

EURYDICEJe m'ennuie épouvantablement ici!

EURYDICEAh! quelle triste destinée me fait ici le dieu Pluton!

EURYDICEMe laisser seule abandonnée!

EURYDICEQue veut dire cet abandon!

EURYDICELorsqu'avec lui je suis venue, de tendresse il était pétri!

EURYDICEAh! mais si cela continue je vais regretter mon mari!

EURYDICEAh mais oui je vais regretter mon mari!

EURYDICEL'amour des dieux, disait le traître,

EURYDICEcontient d'ineffablés douceurs!

EURYDICEJe vais te les faire connaître...

EURYDICELes dieux seraient­ils des lâcheurs?

EURYDICEOu donc est l'ivresse inconnue que je devais goûter ici!

EURYDICEAh! mais si cela continue etc.

EURYDICEVoilà  deux jours que je suis seule,

EURYDICEn'avant d'autre récréstion que la compagnie de ce yros béta

EURYDICEde domestique dont on a tait mon geôlier!

EURYDICEAh! Encore lui! …

John Styx s'avance.

à  part

JOHNElle est bien belle! bien belle! bien belle! Ah ! si j'osais! …

EURYDICEC'est encore toi Que me veux­tu ?

JOHNMadame n'a pas sonné?

EURYDICEMoi? Non!

JOHNEst­ce que Madame sonnera bientôt?

EURYDICEEst­ce que je sais? Pourquoi?

JOHNParce que si Madame sonnait, je m'empresserais d'accourir…

JOHNAh! je suis bien malheureux!

EURYDICEOu'est­ce que cela me fait!

Puisque Madame paraît s'intéresser à  moi, je vais tout lui dire.

(Ils s'assied près d'Eurydice qui se lève indignés

et lui fait signe de s'éloiqner John se lève et épousette son siège.)

JOHNFigurez­vous, Madame, que je suis la meilleure nature du monde

JOHNj'ai un cÅ“ur sensible et une tète faible.

Il se ressied près d'Eurydice.

JOHNLa femme qui m'aimerait serait bien heureuse!

EURYDICENe m'approche pas!

à  part

EURYDICEIl est affreux!

JOHNMadame me repousse après un tel aveu?

JOHNAh! c'est parce que je ne suis qu'un domistique, n'est­ce pas?

JOHNMais je n'étais par mort pour porter cette livrée, Madame!

JOHNQuand j'étais sur terre, j'étais le fils d'un grand prince de Bétie!

JOHNQuand j'étais roi de Béotie, j'avais des sujets, des soldats,

JOHNmais un jour, en perdant la vie, j'ai perdu tous ces biens, hélas!

Et pourtant, point ne les envie: ce que je regrette en ce jour c'est

JOHNde ne point t'avoir choisie pour te donner tout mon amour!

JOHNQuand j'étais roi de Béotie, quand j'étais roi de Béotie!

JOHNSi j'étais roi de Béotie, tu serais reine sur ma foi,

JOHNje ne puis plus qu'en effigh t'offrir ma puissance de roi.

JOHNLa plus belle ombre, ma chérie ne peut donner que ce qu'elle a,

JOHNaccepte donc, je t'en supplie, sous l'enveloppe que voila

JOHNle cÅ“ur d'un roi de Béotie, le cÅ“ur d'un roi de Béotie.

JOHNVoyez­vous il est une chose que le n'oubberai jamais,

JOHNc'est l'image de la femme adorable dont mon maître

JOHNm'a donné la garde depuis deux jours...

EURYDICEInsolent!

SYSTEMN° 19bis. MELODRAME

JOHNAh ! tenez, Madame…

On enrend jouer au dehors la marche du deuxième acte.

JOHNDe la musique!

EURYDICEEt de la musictue gaie!

JOHNMon maître… c'est mon maître… il amène du monde!

EURYDICEEt beaucoup de monde!

JOHNRentrez, Madame, rentrez!

EURYDICEJe ne veu t pas!

JOHNCe sont les ordres de Monsieur.

JOHNVous me feriez flanguer a la porte!

EURYDICEMon petit John Styx… je t'en supplie…

JOHNNon, non ! Rentrez.. rentrez !...

EURYDICEAh ! Pluton ! Tu me le paieras!

JOHNAllons, allons!

JOHN(Il fait entrer Eurydice au fond au moment

JOHNoù paraissent Pluton et Jupiter.)

JOHNIl était temps!

(Jupiter et Pluton entrent en se bousculant

JOHNet tâchant de se devancer l'un l'autre.)

bas à  John

PLUTONEurydice!

bas à  Pluton

JOHNSous clef!

JUPITEROù est­elle? Ou est­elle?

JOHNQui elle? Qui elle!

JUPITEREurydice! Par ma foudre, parle!

PLUTONEurydice? Comment, tu crois encore

PLUTONque j ai enlevé cette petite?

JUPITERParfaitement! Et je verrai bien… j'ai saisi la justice!

JUPITERIl y a eu enlévement et tu vas être juge par les juges des Enfers!

Paraît un huissier, chaîne d'argent au cou.

L'HUISSIERLa Cour!

JUPITERLes voici!

Minos, Eaque et Rhademente font leur entrée.

N° 20 SEPTUOR DU TRIBUNALMINOS, EAQUE et RHADAMANTE

N° 20 SEPTUOR DU TRIBUNALMinos, Eaque et Rhadamante,

N° 20 SEPTUOR DU TRIBUNALRhadamante, Eaque et Minos,

N° 20 SEPTUOR DU TRIBUNALsous les yeux de Thémis clémente,

N° 20 SEPTUOR DU TRIBUNALnous presidons les tribunos les tribunos infernos!

MINOSNul n'échappe à  notre colère!

RHADAMANTECeux que Minos ne punit pas…

EAQUERhadamante en fait son affaire!

RHADAMANTEEaque est la dans tous les cas!

TOUSMinos, Eaque et Rhadamante

TOUSRhadamante, Eaque et Minos!

TOUSSous les yeux de Thémis clémente.

TOUSTous trois président/Nous présidons les tribunos,

TOUSles tribunos infernos!

L'HUISSIERLa séance est ouverte!

à  l'Hussier

MINOSFaites entner le témoin Cerbère.

à  part

PLUTONPourvu qu'i! n'aille pas me trahir!

appelant

L'HUISSIERLe témoin Cerbéne!

Aboiements au dehors. Entre Cerbère.

MINOSTémoin Cerbère, dans la soirée des Ides de Mars,

MINOSle dieu Pluton revenant de la terre,

MINOSest­il rentré seul ou avec une femme?

à  qui Pluton vient de marcher sur le pied avec intention.

CERBÉREAou! … aou! … aou! … aou! …

MINOSVous l'entendez? Il affirme que Pluton est rentré seul aux Enfens!

MINOS(Pendant ce temps l'Huissier est venu apporter des galettes a Pluton.

MINOSPluton, en cachette, donne des galettes à  Cerbère.)

JUPITERAnendez donc un peu ! Pluton ! e bourre de galenes

JUPITERdepuis un quan d'heure.

JUPITERJe vais vous la montrer la vérité dans la bouche de Cerbère!

(Jupiter se jette sur Cerbère et veut lui ouvrir la gueule

JUPITERCerbère attrape le bras de Jupiter.)

SYSTEMN° 20 bis MELODRAME

JUPITERAh! mon bras!

PLUTONTiens bon, Cerbère!

se dégageant, à  John Styx

JUPITERA moi, ma foudre! Rends­moi ma foudre que je les foudroie tous!

à  John

PLUTONNe rends pas la foudre!

à  John

LES JUGESNe rends pas la foudre!

LES JUGES(Melodrame à  l'orchestre avec crépitement

LES JUGESet roulement de tonerre jusqu'à  l'apparition de l'Amour.

Lutte entre John Stix et Jupiter.

LES JUGESJupiter voulant reprendne sa foudre

LES JUGESet John Stix ne voulant pas la lâcher.)

qui a repris sa foudre

JUPITEREn poudre! En poudre, tous ces gens­là .

JUPITER(Au moment où Jupiter a saisi la foudre,

JUPITERviolent coup da tonnerre, nuit complête.

JUPITERPluton, John, huissiers, greffiers, juges, tout la monde se sauve.

JUPITERLe bureau de Pluton et les fauteuils disparaissant.

JUPITERSur un feuteuil à  gauche, dans un rayon de lumière,

paraît Cupidon, Jupiter brandet sa foudre.)

JUPITERAh! Ah!

riant et se carrant dans la fautauil

CUPIDONAh! ah! ah! ah!

l'aperçevant

JUPITERTiens, Cupidon!

CUPIDONOh! Papa! Papa! tu me tais de la peine!

JUPITERQu'est­ce qu'il vient faire là  ce méchant galopin?

CUPIDONIl vient te sauver, ce mechant galopin!

JUPITERMe sauver!

CUPIDONComment, tu cherches une femme et pour la retrouver,

CUPIDONtu fais venir ces vieilles perraques?

JUPITERQuoi, mon petit chéri, tu te chargerais…

CUPIDONIl faut donc que je te la rende, ton Eurydice?

avec élan

JUPITEROh! oui!

se lavant

CUPIDONEh bien on va te la retrouver… A moi, ma police!

CUPIDONA moi, les policemen de l'Amour!

CUPIDON(A peine Cupidon a­t-il dit cela que a paraissent de tous les côtés

CUPIDONune vingtaine de petits agents de police de l'Amour,

CUPIDONbonnets phyrigiens, bâtons de policemen, etc.)

N° 21. RONDE DES POLICEMENCÅ“ur des POLICEMEN

N° 21. RONDE DES POLICEMENNez au vont Å“eil au guet, clairvoyant et discret,

N° 21. RONDE DES POLICEMENle limier de l'amour doit veiller nuit et jour.

N° 21. RONDE DES POLICEMENAussi fin qu'un renard, très malin,

N° 21. RONDE DES POLICEMENpeu bavard sachant tout découvrir et partout se blottir!

N° 21. RONDE DES POLICEMENÀ l'amant au mari, apportant son appui,

N° 21. RONDE DES POLICEMENil surprend tous les jours plus de cent jolis tours.

N° 21. RONDE DES POLICEMENNez au vent, etc.

N° 21. RONDE DES POLICEMENDoux aveux dans un cÅ“ur plein de feux et d'ardeur demi­mots,

N° 21. RONDE DES POLICEMENtendre amour frais éclos plat du jour…

N° 21. RONDE DES POLICEMENTrehison, faux serments, abandon des amants,

N° 21. RONDE DES POLICEMENtout ceci sarpejeu, pour bibi n'est qu'un jeu.

N° 21. RONDE DES POLICEMENNez au vent, etc.

CUPIDONAllons, mes fins limiers visitez et fouillez!

CUPIDONCe que de vous l'on réclame c'est de decouvrir la femme!

CUPIDONCherchez bien, cherchez bien!

JUPITERNe voyez­vous rien ?

JUPITERLas POLICEMEN

JUPITERRien! Rien! Nous ne voyons rien!

CUPIDONVous ne trouvez rien?

JUPITERVous ne trouvez rien?

JUPITERLes POLICEMEN

JUPITERRien! Nous ne trouvons rien!

CUPIDONAttendez, j'ai mon moyen!

CUPIDONJUPITER et les POLICEMEN

CUPIDONVoyons, voyons ton moyen!

CUPIDONAttendez, attendez!

CUPIDONJUPITER et les POLICEMEN

CUPIDONVoyons, voyons le moyen.

CUPIDONPour attirer du fond de sa retraîte une souris

CUPIDONqui cache son museau non loin du nez de la petite bête,

CUPIDONil faut semer quelque friand morceau.

CUPIDONJe sais un autre stratagême qui doit faire de son réduit sortir

CUPIDONune femme qu'on aime: ce stratagême, c'est un bruit;

CUPIDONmais il faut que ce joli bruit soit bien mignon et bien gentil!

CUPIDONAh!

imitand le bruit des basiers.

CUPIDONAllez­y, la p'tit' bête va répondre au bruit,

CUPIDONla p'tit' bête va répondre au bruit!

imitent les baisers

LE CHÅ'URAllez­y la p'tit' bête, et.

CUPIDONLorsque l'on vout attirer l'alouette,

CUPIDONon fait briller un miroir à  ses yeux

CUPIDONet sans retard on b voit la coquette

CUPIDONen voltgeant accourir à  ses foux!

CUPIDONUne femme, c'est tout de même, par ses faiblesses on la séduit;

CUPIDONtout ce qu'elle veut, c'est qu'on l'aime et c'es t ainsi qu'on le lui dit,

CUPIDONmais il faut que cela soit dit d'un air bien mignon bien gentil!

CUPIDONAh! etc.

CUPIDONUn POLICEMAN

montrant la porte du fond

CUPIDONElle est là !

CUPIDONDeuxième POLICEMAN

CUPIDONCe n'est qu'une serrure à  faire sauter.

JUPITERHalte là ! Pas de bêtises! Nous n'avons pas le droit,

JUPITERentre dieux de première classe, de nous faire sauter nos serrures.

JUPITERPar ruse, tout est permis, par violence, rien!

CUPIDONIl faut donc, ô Papa, trouver un déguisement!

CUPIDONPremier POLICEMAN

CUPIDONQui vous permettra de passer par le trou de la serrure.

CUPIDONLaisse­moi faire, j'ai ce qu'il te faut!

CUPIDONJe vais le métamorphoser séance tenante. Tu connais ça.

JUPITERMe métamorphoser en quoi!

CUPIDONJe veux que tu en aies la surprise.

JUPITERLa surprise! La surprise! J'ai besoin d'être joli, très joli, tu sais!

CUPIDONTu seras joli très joli! Anention au changement

CUPIDONPapa anention au changement!

très inquiet

JUPITEREn quoi va­t­il me mettre, le petit malheureux!

CUPIDONUne…deux…trois…

Le changement se fait. Jupiter paraît en mouche.

TOUSUne mouche!

CUPIDONComme çà . on passe partout!

N° 23. PETITE RONDE DU BOURDONChÅ“ur des POLICEMEN

N° 23. PETITE RONDE DU BOURDONLe beau bourdon que voilà  est­il joli comme çà !

N° 23. PETITE RONDE DU BOURDONBonne chance papa passe, passe, passe là  et la belle y restera.

N° 23. PETITE RONDE DU BOURDON(Au moment ou le chÅ“ur se retire,

N° 23. PETITE RONDE DU BOURDONJupiter s'est rapproche en sautetillant de la porte du fond

il prend plusieurs fois son élan

N° 23. PETITE RONDE DU BOURDONet finit par piquer une tête dans le trou de la serrure qui s'élargit peu à  peu.

N° 23. PETITE RONDE DU BOURDONLe f ond du décor disparait et laisse voir un délicieux boudoir.

N° 23. PETITE RONDE DU BOURDONEurydice est étendue sur un divan.

N° 23. PETITE RONDE DU BOURDONLe meuble s'avance jusqu'au second plan.)

JUPITERC'est elle! Qu'elle est belle!

JUPITER(Jupiter voltige autour d'Eurydice en effieurant

JUPITERson epaule de droite et de gauche.)

EURYDICEIl m'a semblé sur mon épaule sentir un doux frémissement! …

à  part

JUPITERIl s'agit de jouer mon rôle plus un mot!

JUPITERCar dès ce moment je n'ai droit qu'au bourdonnement!

Imitant b bourdonnement de la mouche

JUPITERZi! Zi!

EURYDICEAh! la belle mouche!

EURYDICELe joli frelon

JUPITERZi! Ma chanson la touche, chantons, chantons ma chanson!

EURYDICELa belle mouche!

JUPITERMa chanson la touche, chantons ma chanson!

EURYDICEAh, la belle mouche!

EURYDICELe joli frelon!

EURYDICEBel insecte à  l'aile dorée veux­tu rester mon compagnon?

imitent la mouche

JUPITERZi!

EURYDICECes lieux dont du forças l'entrée, hélas, me servent de prison.

JUPITERZi!

EURYDICENe me quitte pas, je t'en prie, reste, on prendra bien soin de toi!

EURYDICEAh! je t'aimerai, mouche joli, reste avec moi, reste avec moi!

JUPITERQuand on veut se faire adorer il faut se laisser desirer…

courat à  lui

EURYDICEJe la tiens par son aile d'or!

JUPITERPas encor! Pas encor!

EURYDICEFi, la méchante, la méchante!

JUPITERJ'ai pris des ailes, ma charmante, j'ai bien le droit de m'en servir!

EURYDICEElle ne cherche qu'a me fuir!

EURYDICEDe cette gaze légère, sans l'étouffer, je puis faire un filet à  papillon.

Elle s'approche sur la pointe des pieds.

JUPITERAttention! Attention!

EURYDICEAh! la voilà  prise! plus de résistance!

JUPITERLa plus prise des deux n'est pas celle qu'on pense!

EURYDICEChante, chante!

JUPITERZi!

ENSEMBLEZi! Zi!

EURYDICEAh! je la tiens! Ah! c'est charmant!

JUPITERAh! je la tiens! Ah! c'est charmant!

EURYDICEAh, je savais bien que je t'attraperais, mon joli bijou ailé!

EURYDICEMais voyez donc, qu'elle est gracieuse! Quelles belles couleurs!

EURYDICEEt quelle taille fine!

Jupiter fait des grâces. Elle embrasse.

tombant à  genoux

JUPITEREh bien, tout cela est à  toi, si tu le veux, mortelle adoré!

EURYDICEAh, grands dieux, elle parle! Au secours!

JUPITERTais-toi! J'ai pris ce costume pour tromper les regards jaloux

JUPITERd'un tyran qui ne veut que te torturer…

EURYDICEJupiter! Le roi des dieux!

JUPITEROui, c'est moi. Ah! si je t'avais connue plus tôt,

JUPITERPluton ne t'aurait pas enlevée. Je t'aurais emmenée dans l'Olympe.

EURYDICEVoir!'Olympe et quitter cet affreux sejour! Oh! fuyons, emmène­moi!

JUPITERNous n'avons qu'un moyen pour ne pas éveiller les soupçons

JUPITERil faut que je retourne à  la fête que me donne cet idiot de Pluton!

(Eurydice sort à  gauche et Jupiter à  droite

Pluton entre tout boulbvensé.)

PLUTONOù est elle? La mouche ? Où est la mouche ?

PLUTONAh I qu'est­ce que c'est que çà ?

Une foule de petits John Styx sort de dessouse terre.

PLUTONTrehi, trehi par tout le monde!

LES ENFANTSSi j'étais roi de Béotie, tu serais reine sur ma foi!

LES ENFANTSJe ne puis plus qu'en effigie t'offrir ma puissance de roi!

LES ENFANTSLa plus belle ombre ma chérie ne peut donner que ce qu'elle a,

LES ENFANTSaccepte donc, je t'en supplie, sous l'enveloppe que voilà  le cÅ“ur

LES ENFANTSd'un roi de Béotie, le creur d'un roi de Béotie!

LES ENFANTS(lls disporaissent dans une trappre!

hors de lui

PLUTONLa mouche! … Qui me livrera la mouche!

paraissent à  gauche

CUPIDONTu veux la retrouver ? Eh bien, attends!

CUPIDON(Il étend la moin le théâtre change

CUPIDONet reprénsente une serre merveilleuse.

CUPIDONParmi les buns sont groupées des mouches

CUPIDONaux corsages dorées et aux aile étencelantes.

CUPIDONElles s'élancent, entourent Pluton et l'entrainent)

GALOPLes Enfers

GALOP(À gauche le Styx. Au lever du rideau tous les dieux de l'Olympe

et d'Enters sont réunis en un immense festin.

GALOPIls sont couronnés de fleurs et boivent.

Au fond, les trois juges d'Enters pêchent à  la ligne dans le Styx)

LE CHÅ'URVive le vin! Vive Pluton!

LE CHÅ'UREt nafgue du qu'en dira­t­on!

LE CHÅ'URLa divine cohorte que ce vieux vin transporte chante le Dieu

LE CHÅ'URqui porte la couronne de fer!

LE CHÅ'URSa demeure chérie sera notre patrie,

LE CHÅ'URsi l'on comprend la vie amis, c'est en enfer!

LE CHÅ'URVive le vin, etc.

CUPIDONAllons, ma belle bacchante, mortelle émule de Vénus chante­nous,

CUPIDONde ta voix charmante chante­nous ton hymne à  Bacchus!

LE CHÅ'URChante, belle bacchante

LE CHÅ'URChante­nous ton hymne à  Bacchus!

EURYDICEJ'ai vu le Dieu Bacchus sur sa roche fertile donnant à  ses sujets

EURYDICEses joyeuses leçons, le Faune au Pied de chèvre

EURYDICEet la Nymphe docile rédtaient ses chansons!

EURYDICEDIANE, CUPIDON et les Déesses

EURYDICERépétaient ses chansons!

EURYDICEÉvoé! Évoé! Bacchus m'inspire!

EURYDICE"Evoé! je sens en moi, évoé!

EURYDICEson saint délire, évoé, Bacchus est roi!

EURYDICELaissez, leur disait­il, les tristesses moroses,

EURYDICElaissez les noirs soucis aux profanes humains, et vous,

EURYDICEcouronnez­vous de pampres

EURYDICEet de roses qui tombent de mes mains!

EURYDICECUPIDON, DIANE et les Déesses

EURYDICEQui tombent de mm mains!

EURYDICEÉvoé ! etc.

PLUTONC'est la loge internale.

Musque à  l'orchestre.

PLUTONVoila mon corps de ballet!

JUPITERMaintenant, je veux, moi qui suis mince et fluet,

JUPITERcomme au temps du grand roi danser un menuet.

DIANEAh!

TOUSAh! La la la la la!

TOUSLe menuet n'est vraiment si charmant que lorsque Jupin le danse.

TOUSComme il tend d'un air coquet le jarret: comme il s'élance en cadence!

TOUSLe menuet, etc.

TOUSTerpsichore dans ses pas n'a pas plus d'appas!

TOUSLe menuet, etc.

à  part

JUPITERCe nuis de Pluton n'a pas reconnu Eurydice:

JUPITERaprès la danse, nous lèverons le pied! …

à  part

PLUTONCet idiot de Jupiter croit que je n'ai pas reconnu la bacchante…

PLUTONmais j'ai l'œil sur eux!

PLUTON(Le Menuet est dansé par Jupiter, Pluton et deux bacchantes.

PLUTONLe Galop infernal par tous les dieux.)

TOUSCe bal est original d'un galop infernal donnons tous le signal!

TOUSVive le galop infernal! donnons le signal d'un galop infernal!

TOUSAmis, vive le bal!

TOUSLa la la la la!

à  Jupiter

EURYDICEEt maintenant, fuyons, Jupiter...

JUPITEROui, profitons de ce qui nous reste de souffle…fuyons…

se dressant devant eux

PLUTONOù donc?

EURYDICEAie!

JUPITERQue veut cet audacieux?

PLUTONAh! plus de dignité, n'est­ce pas? Crois­tu que l'ignore rien de ce

PLUTONqui se passe ici depuis deux heures?

PLUTONCrois­tu que sous ce costume de bacchante je n'ai pas reconnu la femme…

JUPITERQue tu n'avais pas enlevée, disais­tu ?

PLUTONEh bien, oui, je l'avais enlevée! Mais je m'en repens bien!

EURYDICEQue dit il?

PLUTONJe dis que tu t'es conduite avec moi comme avec ton mari !

PLUTONQue tu m'as flanqué mon envers à  l'Enfer-mon Enfer à  l'envers, et que…

riant

JUPITERIl sait tout!

PLUTONRiez, allez! Rira bien qui rira le dernier! La farce est bonne,

PLUTONmais vous ne la porterez pas ensemble en Paradis.

JUPITEREt qui donc m'empêcherait, si je voulais…

PLUTONQui! Mais toi­même!

JUPITERQue veut­il dire!

PLUTONEt ie mari qui va venir, le petit mari!

EURYDICEMon mari ! Je l'avais completement oublié!

JUPITERMoi aussi!

PLUTONAh, je vais être venqé! Ce n'est pas à  moi que tu rendras Eurydice,

PLUTONc'est à  lui, au petit trovatore…

JUPITERMiserere ! Qu'ai­ie promis?

bas à  Cupidon

JUPITERCupidon, comment me tirer de la?

bas

CUPIDONEcoute, j'ai une idée bizarre qui pourrait bien gêner Orphee.

Il lui parle bas. On entend au loin un chant de violon.

riant avec Cupidon

JUPITERElle est assez bonne!

PLUTONLa position se tend!

JUPITERElle est tendue!

PLUTONJe vais élever le dialogue avec la situation!

PLUTONJe ne parle plus qu'en vers! Méfiez­vous!

Le chant se rapproche, peu à  peu

PLUTONFemme, reconnais­tu ce chant de violon?

EURYDICECe chant qu'il trouve large et que je trouve long

EURYDICEc'est celui de l'epoux que j'ai…

PLUTONTu l'as dit, femme, c'est ton epoux qui vient pour racheter ton âme!

PLUTONTon époux te réclame, on te rend à  la terre:

PLUTONc'est un joli cadeau que nous allons lui faire!

supplunte

EURYDICEJupin!

JUPITERRassure­toi, pauvre ange, j'ai mon plan!

JUPITEREt tu n'es pas encore au bras de ton tyran!

(Au fond paraît une banque dans lequelle

JUPITERse trouvent l'Opinion Publique et Orphée.)

ORPHÉEOui, tu m'as convaincu, malgré ses injustices c'est ma femme,

ORPHÉEet je veux ignorer ses caprices. Puissant roi des…

JUPITERAssez, grâce du boniment.

JUPITERJe connais ta demande, allons­y donc gaiement!

JUPITERFidèle à  ma promesse, à  tes désirs propices,

JUPITERd'accond avec Pluton, je te rends Eurydice.

JUPITERVa!

avec philosophe

ORPHÉEJupher me combie et Pluton est trop bon.

JUPITERMais j'y mets, cependant, une condition,

JUPITERcondition expnesse autant qu'inexplicable...

s'animant

JUPITERque tu n'as pas besoin de comprendre, que diable!

JUPITERVers le Styx, gravement, tu vas t'acheminer en précedant ta femme

JUPITERet sans te retourner si trop presse de voir ton aimable Eurydice

JUPITERtu désobéissais à  ce petit caprice,

JUPITERelle t'echapperait pour toujours, cette fois...

flurieux

PLUTONMais ce n'est pas du jeu!

Murmure général.

terrible, agitant sa foudre

JUPITERL'on élève la voix-…

Le murmure s'apaise.

JUPITERAllons, derrière toi va marcher Eurydice;

JUPITERne te retourne pas! J'ai dit! …

Il eternue.

TOUSDieu vous bénisse!

(Marche à  l'orchestre. Eurydice paraît, cachée sous un voite.

N° 30. FINALC'es' John Styx qui la corduit par la main.)

L'OPINION PUBLIQUENe regarde pas en arrière!

L'OPINION PUBLIQUEA quinze pas fixe les yeux!

L'OPINION PUBLIQUEAmi, pense à  la terre, elle nous attend tous les deux.

L'OPINION PUBLIQUE(La marche recommence, l'Opnion est en tête.

L'OPINION PUBLIQUEOrphée vient ensuite puis Eurydice, conduit par John Styx.)

TOUSPour un époux, quel embarras!

TOUSIl se retournera, se retournera pas!

JUPITERSur sa curiosité, aurais­je donc en vain compté?

L'OPINION PUBLIQUENous triomphons! Ah! quelle joie!

JUPITERIl ne se tourne pas! Tant pis! Je le foudroie!

JUPITER(Jupiter administre dans le vide er dans la direction d'Orphée

JUPITERun vigoureux coup de pied électrique qui traverse

JUPITERla scène sous la forme d'une étincelle Coup de tam tam.

Orphée se retourne brusquement comme si le coup l'avat atteint.

Eurydice disparaît à  ses yeux.)

LES DIEUXAh!

L'OPINION PUBLIQUEMalheureux, que viens tu de faire?

ORPHÉEUn mouvement involonlaire!

PLUTONTu l'as perdue, et pour jamais!

PLUTONElle me reste donc?

JUPITERPas plus qu'à  moi!

PLUTONComment?

JUPITERNon, car j'en fais une bacchante.

TOUSUne bacchante!

EURYDICEAh! Ah! Bacchus. mon âme légère qui n'a pu se faire

EURYDICEau bonheur sur terre, aspire à  toi, divin Bacchus!

EURYDICERecois la prêtresse, dont la voix sans

EURYDICEcesse veut chanter l'ivresse à  tes élus!

TOUSLa la la la la!