Cœur ardent

P. Bréville

Vents, dénouez mes longs cheveux

Et brûlez-en mes amoureux.

Mouillez mes mains, fraîche rosée,

Et qu'aussitôt mille désirs

Se rassemblent pour les saisir

Quand je les tends de ma croisée.

Pluie aimante, lavez mes yeux

Pour qu'ils soient clairs comme l'audace

Et que les bourgs par où je passe

Sentent flamber mon cœur en feu.

Et vous, soleil, dorez ma tête,

Dorez mes seins, et tout mon corps

À l'heure où l'amant le plus fort

Courbe ma chair sous sa conquête.

Vents, dénouez mes longs cheveux

Et brûlez-en mes amoureux.