La petite pendule
P. Lacôme d'Estalenx
Une fois, chez un brave homme,
Une pendule il était,
Dont le tintin, Dieu sait comme,
Toute la maison charmait.
Cette pendule chérie
Pour son maître, sur l'honneur,
N'avait sonné de sa vie
Que des heures de bonheur.
Tic, tac, bom, bom, bom!
Sonne et carillonne,
Pendule mignonne,
Que ta voix, résonne,
Sonne donc,
Dig et dig et don.
Un jour, hélas! ô scandale!
Un grand guerrier mal appris
Voit la pendule... l'emballe
Et l'emporte en son pays.
De son maître séparée,
La pendule, de douleur,
Sonnait en désespérée
Et s'écriait: au voleur!
Tic, tac
etc.
Le guerrier prenait pilule,
Sur pilule sans dormir,
Car la fidèle pendule
Ne cessait de retentir.
Alors il perd patience,
Il fait venir l'horloger!
Mais ni l'art ni la science
Ne peuvent y rien changer.
Tic, tac
etc.
Enfin, à bout de souffrance,
Il la renvoya, chagrin,
A son premier maître en France,
Et le sommeil lui revint.
La pendule était heureuse,
Son maître l'aimait toujours;
Elle répétait, joyeuse,
Son refrain des anciens jours:
Tic, tac
etc.