Aube

A. Rostand

« Dans le fin fond des cieux pâlis

Montent d'invraisemblables roses;

L'air a des puretés de lys;

C'est l'éveil de toutes les choses.

Les zéphyrs frôlent, assouplis,

Les corolles à demi closes…

Dans le fin fond des cieux pâlis

Montent d'invraisemblables roses.

Et, neigeux comme des surplis,

Des nuages d'apothéoses

Envolés aux firmaments roses,

Passent, délicats et jolis,

Dans le fin fond des cieux pâlis. »