Les Genêts ont fleuri

A. Rostand

Les genêts ont fleuri le sable de la grève

Où le fleuve roulait, l'autre mois, ses caprices,

Et tout ce lent Juillet a passé comme un rêve;

Les genêts ont fleuri l'éblouissante grève…

Dis-moi que tes baisers ne sont des des prémices,

Que tout ce lent Juillet passé comme en un rêve,

N'était que le prélude aux suprêmes délices!…

Le sable de la grève est fleuri de genêts

Que le fleuve courbait en riant, l'autre mois;

Le sable ondule aux creux des lits abandonnés,

Le sable éblouissant est fleuri de genêts;

La brise attiédie à l'ombre des vieux bois

Chasse le sable fin des lits abandonnés;

Les choses ne sont pas ainsi que l'autre fois!…