L'Orage
A. Spaeth
Dans sa course brûlante,
Oh! que la nuit est lente!
De sa lueur tremblante
Elle attriste l'amour.
J'entends gronder l'orage;
Il trouble mon courage.
Ne reverront-ils pas le jour,
Mes yeux voilés de pleurs d'amour?
Délire où je me plonge,
Fuyez, jaloux mensonge;
Pourquoi m'offrir en songe
La douleur dans l'amour?
Ô moitié de mon âme,
Tes yeux, remplis de flamme,
Reviendront-ils, avec le jour,
Tarir enfin mes pleurs d'amour!
Mais la tardive aurore
Ne brille pas encore,
Et les yeux que j'adore
Sont fermés à l'amour.
L'orage en feu tourmente
Et la nuit et l'amante:
Ô toi, pour qui j'attends le jour,
Me paîras-tu mes pleurs d'amour?