Marie

B. Godard

Ainsi, quand la fleur printanière,

Dans les bois va s'épanouir,

Au premier souffle du zéphyr

Elle sourit avec mystère;

Et sa tige fraîche et légère,

Sentant son calice s'ouvrir,

Jusque dans le sein de la terre,

Frémit de joie et de désir.

Ainsi, quand ma douce Marie

Entr'ouvre sa lévre chérie,

Et lève, en chantant, ses yeux bleus,

Dans l'harmonie et la lumière

Son âme semble tout entière

Monter en tremblant vers les cieux.