Chanson pékinoise

C. Devéria

Lorsque tu baignes ton pied tendre

Dans la rivière aux frais vailloux,

Les beaux lis blancs nous font entendre

Un long murmure de jaloux.

Tes mains planent, sveltes et blanches,

Sur les cordes des instruments,

Comme un couple d'oiseaux charmants,

Qui se becquetent sur les branches.

Et puis les ongles de tes doigts,

Chères et délicates choses,

Ce sont les fins pétales roses

De la fleur du pommier des bois.

Quand ta bouche où la joie éclate

Est entr'ouverte et que tu ris,

Tes dents semblent des grains de riz

Au cœur d'un piment écarlate.